Retour sur une soirée très étrange

Je ne vais pas m’attarder sur les deux premiers combats de sous-carte, qui étaient surtout deux exécutions visant à faire découvrir Luis Arias et Dmitry Bivol, deux boxeurs prometteurs, au grand public. L’event d’hier a surtout été l’occasion pour nous d’assister à deux problèmes d’arbitrages assez rare.

Avant ou après le gong ? Légal ou illégal ?

La première bizarrerie de la soirée fut à la fin du combat opposant le virtuose Guillermo Rigondeaux à son challenger, l’inconnu mais impressionnant physiquement Moises Flores.

Premièrement le cubain a maintenant de sa main droite la nuque de son adversaire, ce qui est illégal, et surtout le crochet gauche ayant allongé son adversaire est parti après le gong. Le KO a été suivi de dix bonnes minutes de délibération entre l’arbitre et le représentant de la commission du Nevada, et qui a connu pour conclusion la validation de la victoire de Rigondeaux.

Personnellement un No Contest ne m’aurait pas choqué mais la décision rendue n’est pas non plus honteuse, après tout Rigondeaux envoie son coup à peine une seconde après le gong, alors que son adversaire était également en train de boxer.

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Vous avez vu un coup bas ?

C’est surtout le combat principal qui risque de faire parler de lui pendant des années, peut-être encore plus que la victoire contestable et contesté de l’américain en novembre dernier. Je ne vais pas vous décrire le combat car si vous lisez ses lignes vous l’avez forcément regardé, et me contenter de vous livrer mon avis.

Je pense que Ward a balancé effectivement beaucoup de coup bas pour quelqu’un ayant été averti plus tôt, dans le 7ème et surtout 8ème round, mais qu’ils sont contestables. Ils le sont tous sauf ceux à la toute fin  qui ont réussi à achever le russe. En voyant Tony Weeks s’approcher je m’attendais à ce qu’il laisse le temps de repos habituel dans pareil cas au Krusher, tout en retirant à l’américain un point. Sauf que non, le combat avait été arrêté avant même que Kovalev soit knockdown ou aux bords de l’inconscience. KO technique trop prématuré et reposant de plus sur des coups dans les valseuses.

Mais de toutes manières Kovalev ne peut pas battre Ward, deux des trois juges tenaient déjà l’américain en avance alors que comme de nombreuses personnes, j’avais cinq rounds pour le russe. Si le combat était allé au terme, Kovalev aurait perdu aux points dans tous les cas.

Espérons que la commission du Nevada révise ce combat, sans grand espoir…

Quand une annonce sauve la soirée

Ce Cinco de Mayo 2017 ne nous a pas donné une très belle soirée au niveau des combats. Pourtant cela commençait bien avec le retour en grande pompe de Lucas Matthysse, qui s’est adjugé un beau retour avec une victoire avant la limite contre Emmanuel Taylor, un boxeur plus qu’honnête. La Maquina est bien huilée et la perspective d’une revanche contre Danny Garcia est plus qu’alléchante.

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Canelo et Lemieux dominants mais non géniaux

Malheureusement Lemieux n’a pas su être aussi efficace que l’argentin. Malgré une grêle de coups terrifiante dans le 3ème, Reyes a fini le combat et s’est même permis le luxe de ne pas visiter le sol contre le boxeur qui arrachait la tête de Curtis Stevens en mars dernier. Bien que Reyes ait été en mode survie la majorité du combat et que son menton soit probablement en acier trempé, la prestation de Lemieux dans la deuxième moitié du combat reste décevante. Malgré quelques progrès défensif et technique depuis le très difficile combat contre Golovkin, Lemieux reste avant tout dangereux pour son punch.

Le combat de la soirée, opposant les rivaux mexicains s’avéra encore plus décevant car totalement déséquilibré. Comprenant n’avoir aucune chance de l’emporter après un ou deux rounds, Chavez Jr a également activé le mode survie pour au moins finir le combat debout. En passant parfois une minute sans envoyer un seul coup, il a probablement perdu le peu de crédibilité qu’il lui restait mais il faut avouer qu’il possède également un menton d’excellente qualité tant il a absorbé de coups puissants du rouquin.

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Même si boxer contre un boxeur de plus bas niveau fait souvent davantage briller que contre un boxeur de haut rang, Canelo m’est apparu meilleur qu’il n’a jamais été. Jab, jeu de jambe, anticipation, variation, … Il n’a plus rien à voir avec le jeune Canelo que Mayweather a battu. Il lui a seulement manqué l’éclair de génie permettant de surprendre et descendre Chavez Jr, mais ce dernier n’a connu le KO uniquement contre le mi-lourd Fonfara donc cela reste compréhensible.

Canelo vs Golovkin

J’espérais que le combat de samedi ne soit au final qu’un coup de com’ pour le combat que l’on attendait tous, comme Joshua vs Molina l’avait été pour le combat de la semaine dernière.  Et merci aux dieux de la boxe car cela fut bien le cas, le combat que nous attendions tous depuis fin 2015 et le plus gros possible depuis Mayweather vs Pacquiao aura lieu le 16 septembre.

Ce combat est probablement le fruit des deux dernières performances du kazakh, un peu moins bonne que prévu et du fait que les fans n’auraient jamais pardonné au mexicain une quatrième esquive. Le fait est que Canelo nous offre le combat dans un timing raisonnable et le véritable Canelo vs Golovkin aura réellement lieu dans de bonnes conditions. Il ne sera donc plus une fiction sur les forums de fans tel qu’un May vs Pac entre 2009 et 2012.

Même si Canelo est dans une excellente phase de sa carrière, je sens Golovkin toujours au dessus même si cela risque d’être serré. Même si le rouquin encaisse plutôt bien, il n’a jamais encaissé les parpaings d’un boxeur aussi puissant que Golovkin et il ne possède pas le jeu de jambe de Jacobs pour désorienté la mire du champion. 

Je vois donc Golovkin vainqueur, soit sur un KO soit par une décision même si l’on sait d’avance de quel côté seront les juges.

Canelo vs Chavez Jr, un combat pour l’honneur (et l’argent)

Rare sont les combats divisant autant la petite planète boxe. Excellent match up pour certains, miss match pour d’autres et le potentiel début d’une grande rivalité mexicaine pour quelques-uns. J’aurais personnellement tendance à me ranger dans les deux premières cases, étant donné que je n’ai aucun doute sur la victoire du rouquin que ce soit à la décision ou sur un KO (qui serait le troisième consécutif de Canelo).

A défaut de suspense, ce combat a lé mérite d’opposer Canelo a quelqu’un de nettement plus grand que lui, et probablement plus lourd. C’est une première depuis sont combat plutôt disputé contre Austin Trout, il y a déjà quatre ans. La supériorité physique acquise à force de coupe de poids d’Alvarez ne permettrait donc pas de contester son talent à mettre KO s’il y parvenait samedi.

Bagatelle pour un duck

En parlant de poids cela sera sa première au dessus de 155 livres, vu que le combat est prévu à 164,5 livres (précis n’est-ce pas ?). Cela décrédibilise une fois pour toute son refus d’affronter Golovkin à 160 livres étant donné qu’il veut bien combattre Chavez Jr à un poids intermédiaire entre les moyens et les super-moyens. Je suis peut être naïf mais j’espère l’annonce en grande pompe de Canelo vs Golovkin pour le 16 septembre à la fin du combat de samedi, un peu comme l’annonce de Joshua vs Klitschko. Ce combat est le plus attendu des fans de boxe, et nous endurons à nouveau un cas similaire à celui de Mayweather vs Pacquiao entre 2010 et 2015. Nous rêvions déjà d’un combat entre le mexicain et le kazakh depuis celui de ce premier contre Cotto, il y a déjà un an et demi.

Pour garder sa réputation de boxeur intacte, Canelo doit à tout prix accepter Golovkin le plus rapidement possible.

Au nom du père

Même si le choix de Chavez Jr est légitime d’un poids de vue financier (le combat va probablement être un succès), si l’on se base sur les faits récents de Junior cela l’est beaucoup moins. Bien qu’il connut des succès satisfaisants contre Marco Antonio Rubio mais surtout Andy Lee au temps ou il était champion WBC des moyens, Chavez traîne depuis une réputation de petit champion, et reste l’ombre de son illustre père.

Il n’a pas su rebondir à la leçon de boxe infligée par Sergio Martinez et n’a depuis affronté que des boxeurs de seconde zone, à l’exception de Andrzej Fonfara qui lui administra une sévère correction lors d’un passage éclair chez les mi-lourds frôlant l’inconscience.julio-cesar-chavez_3292550

Nous avons également accès à un sparring l’opposant à Golovkin en 2011, probablement le zénith des deux boxeurs. Même si l’on ne connait pas les conditions du sparring, la différence de niveau technique semble immense. En combat réel Chavez n’aurait probablement pas dépassé six rounds contre le Roi des moyens.

 

Depuis plusieurs années JC Jr traîne la réputation d”un boxeur peu sérieux à l’entrainement, espérons que la volonté de se faire une place au côté de son père dans l’histoire et la peur de devoir débourser autant de million que de livre au dessus de la limite le pousse dans ses ultimes limites, sans quoi le blindé mexicain risque de rapidement lui marcher dessus.

La Compubox ne vaut rien

Comme vous le savez probablement je me méfie depuis toujours de la compubox. Déjà parce que ce n’est pas parce qu’un boxeur aurait touché 125 fois et son adversaire 110 que la victoire lui reviendrait automatiquement, et surtout parce que je doute de la fiabilité de cet outil.

Au début de cette vidéo vous pouvez le score de Mayweather augmenter d’un point alors que son bras passe loupe clairement Pacquiao. Nous pourrions nous dire qu’il s’agit d’une simple erreur humaine, mais la seconde partie de la vidéo se révèle malheureusement bien pire : Lors du round de Mayweather vs Cotto, il est clair que le portoricain touche Mayweather au moins 15 fois, même sans ralenti. Et il n’est crédité que de 8 touches à l’affichage du round suivant.

Comment ça marche ?

Contrairement à ce que beaucoup pensent, Compubox n’est pas un logiciel détectant les frappes au son ou à la vidéo. Compubox est juste deux hommes derrière un écran, pressant des boutons à chaque action du boxeur qu’ils suivent. Ils ont quatre boutons (jab manqué, jab réussi, coup puissant manqué et coup puissant réussi), et vous imaginez bien que la tâche est extrêmement difficile, surtout après avoir moi-même tenté de compter uniquement les coups réussis. De plus, ils n’ont pas de seconde chance, les statistiques apparaissant en direct à l’écran.

Quel est le soucis ?

Le problème est que Compubox est une référence servant souvent d’argument incontestable “Mayweather a beaucoup plus touché que Pacquiao, il mérite la victoire” ou “Castillo a selon Compubox beaucoup plus touché que Mayweather, il a été volé”. Nous pouvons également penser qu’un des opérateurs de Compubox pourrait être corrompu par un HBO ou Showtime.

Le cas Mayweather vs Pacquiao

Selon le youtuber Artorias Boxing, Pacquiao aurait nettement dominé Mayweather. Il propose également sur sa chaîne une vidéo ou des ralentis permettent de mieux visualiser les touches des deux boxeurs une par une et à la fin celui-ci délivre 120 touches pour le philippin et seulement 69 pour l’américain.

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Ce score est l’exacte inverse de la punchstat officiel de Compubox  :

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Voulant avoir le fin mot de l’histoire, je me suis également mis au comptage des coups de ce combat, d’une aprt car tout le monde l’a vu et également car l’activité est plutôt faible. Pour être à peu près dans les même conditions que les opérateurs de Compubox, je n’ai pas utilisé de ralenti et ai revisionné une séquence flou pas plus d’une seconde fois. Voici ma punchstat, les chiffres de la deuxième colonne de chaque boxeurs sont les chiffres officiels.

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Je ne prétends pas détenir la vérité, mais je reste persuadé que Mayweather n’a pas touché presque deux fois plus que Pacquiao.

En boxe, tout peut arriver

Déjà au début du mois nous avions eu affaire à une belle surprise suite au combat opposant David Haye, certes vieillissant, au coriace mais limité Tony Bellew. David Haye avait subi une punition bien surprenante mais il est tout de même important de se rappeler qu’avant le réveil de sa blessure à la jambe, il dominait largement les débats. Une blessure en plein combat peut arriver à n’importe quel boxeur (fracture du poing notamment) et est souvent synonyme de défaite. Mais hier nous avons eu droit à deux grande surprises que nous ne ne devons à aucune blessure.

La chute du numéro 1 toute catégorie

Le combat de Roman Gonzalez pouvait être perçu comme un combat facile pour ne pas perdre la main et respirer légèrement suite au combat très serré contre Carlos Cuadras en septembre dernier. Son opposant était Wisaksil Wangek, un thaïlandais principalement connu pour avoir réussi à devenir cmpion du monde WBC des super-mouches malgré un début de carrière catastrophique (trois défaites, un nul et une victoire sur ses cinq premiers combats). Son palmarès a pour autre singularité de comporter de nombreux boxeurs n’ayant jamais combattu en professionnel auparavant, comme lors de ses deux précédents combats.

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Malgré un punch inquiétant (près de 85% de taux de KO), ce manque d’opposition de valeur du thaïlandais a probablement mis le génie nicaraguayen trop en confiance ce qui lui a valu le premier down de sa carrière amateur et professionnel en début de combat. Malgré une infériorité technique incontestable, la volonté de fer ainsi qu’un certain mépris du règlement ont permis à Wangek de livrer un combat admirable, et de lui octroyer peut être la victoire la plus surprenante de la décennie, par décision majoritaire.

La décision a été quelque peu contesté mais il est clair que le combat était très serré. Gonzalez avait déjà été proche de la défaite ou du nul contre Cuadras et je m’étais permis dans les lignes du blog d’émettre de sérieux doutes sur sa venue chez les super mouches. Chocolatito aurait du lire Les Héros du Ring, il serait à 47-0.

La fin d’une série de KO consécutifs historiques

23 KO à la suite pour Gennady Golovkin, le champion des moyens ayant le plus haut taux de victoires avant la limite de tous les temps. Cette incroyable série s’est terminée hier à la surprise générale, lorsque l’américain Daniel Jacobs est parvenu à tenir les douze reprises contre le rouleau compresseur kazakh. Même si à presque 35 ans il est clair que GGG commence à décliner (il avait déjà été moins dominant que d’habitude lors de son précédent combat), Jacobs a clairement su imposer sa boxe et empêcher GGG de dérouler ses crochets surpuissants.

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Même si la victoire de Golovkin est incontestable (j’ai personnellement 115-112 pour lui), il n’y a qu’au 4ème qu’il a pu laisser exprimer sa puissance et mettre Jacobs au sol. Dans tous le reste du combat c’est son jab d’une efficacité redoutable qui a fait le travail. Le roi des moyens a conserver sa couronne hier, mais il semble que Jacobs ai montré la voie à suivre pour le renverser.

Le combat de trop pour Manny Pacquiao ?

Ca vient de tomber, Pac-Man remontera sur le ring contre l’australien Jeff Horn le 22 avril. Le combat sera distribué par Top Rank et  est pressenti pour avoir lieu en Australie, et on peut s’attendre à ce que le vainqueur soit confronté dans la foulée au grand champion des super-légers Terrence Crawford. Contrairement à de nombreux fans, je ne suis pas convaincu que Pacquiao décroche sa 60ème victoire en avril.

Un boxeur sur la pente descendante

Pour moi, Pacquiao n’a jamais retrouvé le niveau qu’il avait avant de se prendre un légendaire KO contre Juan Manuel Marquez, en décembre 2012. Même s’il est redevenu deux fois champion du monde WBO et a vaincu de solide boxeur comme Timothy Bradley ou Jessie Vargas, sa puissance et surtout sa vitesse ne sont plus que l’ombre de ce qu’elles étaien. Ce déclin physique et la probable peur de se refaire violemment contrer ont fait de Pac-Man un boxeur nettement moins agressif et efficace. Le seul combat post 2012 ou l’on a l’impression de voir le Pacquio d’antan est celui ou il avait infligé six knockdown à Chris Algieri.

Pacquiao doit beaucoup à sa faculté de surprendre l’adversaire et infliger un flash down, sans cela ses deux derniers combats auraient du être très serrés aux pointages. Malgré tout il est triste de remarquer que Pacquiao n’a plus abrégé un combat depuis Cotto en 2009, même si l’on peut penser qu’en 2010 Margarito aurait du être arrêté.

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Un adversaire de taille

Jeff Horn n’est vraiment pas un adversaire à sous-estimé, je pense qu’il est meilleur que Jessie Vargas qui avait déjà opposé une belle concurrence au philippin. Horn est classé 13ème sur Boxrec et 2ème par la WBO et l’IBF, ce qui est énorme pour un non-américain. Il montre une belle fiche de 16 victoires pour juste un nul. Il a 11 KO à son actif et est sur une série de  trois.  Cela fait un pourcentage d’environ 65%, soit près du double de Vargas et Bradley. Et Horn est d’autant plus dangereux car il évolue depuis toujours chez les welters, quand ces deux derniers venaient des super-légers.

Horn ferait 1m75, mais lorsque on le voit combattre le français El Mousaoui, il est légitime de penser qu’il fait quelques centimètres de plus. Pacquiao a prouvé à de nombreuses reprises être capable de vaincre bien plus grand et lourd que lui, mais tout de même c’est un détail à prendre en compte. Horn a dix ans de moins, dix centimètres de plus et surement trois ou quatre kilos de plus que le philippin.

Jusqu’ici il a affronté que des boxeurs du top 20, mais il les a tous surclassé. Et même s’il a des lacunes techniques et défensives, je suis certain qu’il les comblera pour le combat de sa vie. Je pense également que son jab et son redoutable crochet du gauche sera la clé du combat.

 

 

 

 

 

 

 

Le bilan de 2016

A par quelques combats, notamment chez les japonais, l’année pugilistique est fini. Il est temps d’en dresser le bilan, qui est plutôt amer. Etant un optimiste, je vais commencer par le mauvais pour finir sur le positif.

On a pas aimé en 2016 :

Les grands combats se font attendre

Cette année fut clairement une année de transition ou l’on a eu au final peu d’affiche très attendus. C’est triste de se dire que le combat qui a éclipsé tous les autres durant la première moitié de l’année a été Canelo vs Khan, soit un combat dont on connaissait tous l’issue avant. Heureusement, on a eu droit à Kovalev vs Ward en novembre qui était quand même un immense combat entre deux grands champions de leur époque. Pour ce cas, la décision très contesté a un peu gâché la fête.

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On a aussi eu droit à des annulations scandaleuses tels Wilder vs Povetkin et surtout les combats très attendus ne sont pas venus. Canelo vs Golovkin est en passe de devenir l’arlésienne de notre époque. Le combat que tout le monde veut, mais qui n’arrive pas.

Les ventes en PPV s’effondrent

Le seul combat ayant eu suscité un réel engouement des américains est Canelo vs Khan, pour le plus grand plaisir de Donald Trump. Mais même si les ventes ont été plutôt bonne, 600 000 n’est pas du tout un nombre énorme. Il faut même revenir au Cinco de Mayo de 2004 pour voir des ventes aussi basse pour ce week end. Nous avons également eu droit à de beau bide comme Crawford vs Postol (50 000 ventes) et malheureusement Kovalev vs Ward (juste 160 000 ventes) de quoi démotiver les promoteurs à nous offrir de beau combat. Il faut noter que cinq des six PPV de l’année venaient de HBO, Showtime n’ayant pas encore trouvé de boxeur locomotive pour remplacer Floyd Mayweather.

Lorsque l’on voit les records de PPV s’enchaîner du côté de l’UFC, nous pouvons être inquiet pour notre sport.

La mode ridicule des sauts de catégories

Les deux farces de cette année sont incontestablement Canelo vs Khan et Golovkin vs Brook. Khan et Brook sont deux très bons boxeurs mais il était clair qu’ils n’avaient aucune chance en sautant deux catégories. D’ailleurs tout les boxeurs sont dans ce cas, les catégories de poids ne sont pas la pour rien. Il aurait été beaucoup plus intéressant de voir Brook et Khan s’affronter et de même pour le kazakh et le mexicain. J’ai peur que de voir ces combats inutiles se multiplier à l’avenir pour permettre au star de vaincre des noms sans risques. Bob Arum parle déjà de Pacquiao vs Lomachenko…

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Le feuilleton Fury vs Klitschko II

Encore un combat que tout le monde attendait et que l’on aura surement jamais. Blessure de Fury, abandon des titres et conflit avec les services anti-dopages, abandon des titres, blessure de Wladimir Klitschko. Un joyeux bordel dont on se serait bien passé.

Des champions peu actifs

Un seul combat pour Keith Thurman, Shawn Porter, Alexander Povetkin, Daniel Jacobs Adonis Stevenson, Billy Joe Saunders, Erislandy Lara, Jermell Charlo et surement bien d’autres que j’oublie. C’est vraiment dommage surtout que certains s’en encore jeunes et ont donc une marge de progression devant eux.

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Des Héros du Ring nous ont quittés

Comme vous le savez tous, Mohamed Ali a rendu son dernier souffle le 3 juin dernier. Malheureusement ce n’est pas le seul, car Bobby Chacon et Aaron Pryor sont également décédés cette année. Ces deux boxeurs étaient des légendes incontestables.

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On a aimé en 2016

Malgré tout, des combats et des KO mémorables

J’ai beau cracher sur 2016, j’ai quand même pris mon panard devant quelques combats, souvent très attendu d’ailleurs. Le trio de tête est composé de Thurman vs Porter, Gonzalez vs Cuadras et Santa Cruz vs Frampton. Des combats que je vous incite à revoir. On a aussi pu admirer une belle démonstration de courage ce week end grâce à Dereck Chisora et Dillian Whyte. J’espère un rematch pour chacun de ces affrontements.

Au niveau des KO, voici les plus fameux de l’année selon moi :

https://www.youtube.com/watch?v=7xR6zKR0bTQ

 

De grand champion à l’horizon

Difficile de ne pas être enthousiaste lorsque l’on voit le talent des futurs Héros du Ring. Anthony Joshua et Errol Spence Jr nous ont montrés cette année l’étendu de leurs capacités et ils vont clairement être à suivre l’an prochain, pour notre plus grand plaisir.

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On a également pu voir des amateurs prometteurs à Rio, tels Julio Cesar De La Cruz, Tony Yoka, Joe Joyce et Shakur Stevenson.

Les boxeurs Top Rank

Les trois meilleurs boxeurs de Top Rank ont brillés. Manny Pacquiao a tout de même vaincu Timothy Bradley et reprit le titre contre Jessie Vargas à 37 ans, c’est très impressionnant. Terrance Crawford et Vasyl Lomachenko ont fait une excellente année en étant impériaux contre des boxeurs réputés. Trois grands champions, Bob Arum peut être fier de son écurie.

Les récompenses du blog

Meilleur Boxeur : Vasyl Lomachenko

Meilleur combat : Thurman vs Crawford

Meilleur KO : Canelo vs Khan

Affiche de l’année : Kovalev vs Ward

Surprise de l’année : Jezreel Corrales vainqueur contre Takashi Uchiyama

L’ancien Tzar contre le nouveau Roi

Le combat opposant Anthony Joshua a Eric Molina fut aussi expéditif que prévu. Une simple formalité pour l’anglais qui réussit à mettre son opposant sur le carreau à la première droit nette. En réalité ce combat servait uniquement à faire combattre l’anglais pour le maintenir en forme et surtout à annoncer l’énorme combat contre l’ancien champion poids lourd Wladimir Klitschko, le 29 avril.

Passage de flambeau

C’est un classique dans l’histoire de la boxe, surtout chez les lourds. Il y a presque toujours un combat opposant l’ancien champion contre le nouveau. Et cela fini presque toujours par un KO de l’ancien. Marciano vs Louis, Ali vs Patterson, Holmes vs Ali, Tyson vs Holmes, … Seul l’immense Ali su déjouer les pronostics contre Foreman, c’est d’ailleurs en partie pour ça que le combat est aussi légendaire. Accepter ce combat est véritablement une énorme preuve de courage de Klitschko, et lorsque l’heure viendra de faire un bilan sur son héritage il ne faudra pas l’oublier. A cause de son style soporifique il est surement le grand champion poids lourd le moins apprécié mais il est incontestable que durant ses quinze années au sommet il a affronté les meilleurs boxeurs de l’époque. Chris Byrd, Samuel Peter, Ruslan Chagaev, David Haye, Alexander Povetkin, Tyson Fury, etc… A défaut d’être de grand champion, ils étaient ou sont clairement de très bons boxeurs, d’ailleurs ce sont presque les seuls combats qu’il ne remporta pas avant la limite. Bien sûr l’autre meilleur boxeur de son époque est son frère Vitali, mais difficile de lui en vouloir de ne pas s’être confronté à lui.

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Peut-il le faire ?

Même si Wladimir avait trois ou quatre ans de moins, il serait difficile de l’imaginer vaincre Anthony Joshua. Ce dernier a un corps au moins aussi incroyable que lui, a un punch et un menton de meilleure qualité, et une technique en nette progrès depuis les J.O de Londres. Wladimir n’aura pas combattu depuis un an et demi, ce qui est de loin sa plus longue absence sur les ring depuis le début de sa carrière pro en 1996. Et ses deux derniers combats ont été difficile, presque humiliant si l’on se penche sur celui contre Tyson Fury. Même avec un style aussi attentiste, le poids des années se fait forcément sentir à quarante ans. A l’inverse Joshua boxe trois fois par an et détruit littéralement ses challengers (qui ne sont pas une grande menace de base je le concède).

De plus il faut prendre en compte que Wladimir a toujours eu du mal contre les boxeurs aussi grand que lui comme on a pu le voir dans son dernier combat. Il a également un menton douteux, à l’origine de son style. Avoir un menton de verre contre un boxeur tel que Joshua risque fort d’être éliminatoire. Même si je pense que sa grande expérience va lui permettre de passer la mi-combat, le voir perdre dans les premiers rounds ne serait pas si surprenant que ça.

Le sacre de Mike Tyson : C’était il y a trente ans

Rarement un boxeur n’avait suscité autant d’attention avant même de devenir champion du monde. Les mauvaises langues diront que c’est à cause d’un vrai champion charismatique chez les lourds depuis la Sainte Trinité Ali-Frazier-Foreman, Larry Holmes n’ayant jamais eu le succès de ses prédécesseurs. Pourtant ce 22 novembre 1986, le monde s’est arrêté pour suivre le sacre de Mike Tyson. Il faut dire que ce dernier était un voire le boxeur le plus impressionnant ayant jamais foulé un ring.

L’enfant terrible de la boxe

En effet, même si fin 1986 il n’a aucun adversaire de valeur dans son palmarès, Iron Mike peut se vanter d’être invaincu en 27 sorties sur le ring, 25 fois par KO dont 15 fois au premier son de cloche. Malgré un petit mètre 78 et seulement 180cm d’allonge, il compense avec près de 100 kilos de muscle et un style unique hérité de son défunt mentor. Aucun autre boxeur ne parviendra par la suite à utiliser le style Peek-a-Boo à haut niveau, d’une part car il demande des capacités physique hors normes, et de l’autre surement par peur de la comparaison avec Iron Mike.

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Pour couronner le tout et ajouter une dimension historique à l’événement, Tyson n’a que 20 ans. En cas de victoire il serait donc le plus jeune champion du monde de tout les temps chez les lourds. A l’époque le record était tenu par Floyd Patterson, un autre poulain de Cus d’Amato, champion du monde a seulement 21 ans. En 2016, le record de Tyson n’a toujours pas été battu et ne le sera probablement jamais étant donné qu’aujourd’hui les lourds percent après 25 ans.

Tyson était déjà plus connu que le champion, Trevor Berbick, dont les principaux faits d’armes étaient d’avoir envoyé un Ali n’étant plus que l’ombre de lui même à la retraite et une victoire au point contre Pinklon Thomas pour la prise du titre WBC. Il avait également tenu les 12 rounds contre Larry Holmes dans un combat ou il était déclaré perdant à 50 contre 1. Malgré dix bon centimètres de plus que Tyson, il ne pesait qu’un kilo de plus.

Le combat

Tyson monta sur le ring avec son célèbre short noir, ce qui lui valu une amende 5000€ car porté le même short que le champion est interdit. Dès le face à face au moment des consignes, l’on pouvait lire dans le regard de Berbick de la peur. Il avait probablement vu et revu les combats de Tyson en boucle et Angelo Dundee lui avait probablement annoncé que ses chances de conserver son titre étaient très minces. Mais personne ne s’imaginait un tel massacre. Ce fut un combat parfait de Tyson, que ce soit au corps à corps ou à distance. A la fin du premier round Berbick était déjà en mode survie, et le second fut un supplice qui finit sur un crochet gauche. Mais une vidéo vaut mieux que mille mots et je vous laisse apprécier en image.

https://www.youtube.com/watch?v=tG2B90evafc

Même si aujourd’hui il y a encore de très grand champion, surement même meilleur que Iron Mike, aucun ne dégage cette sauvagerie qui caractérisait Tyson. Et c’est bien dommage.

 

Kovalev vs Ward : Le scandale de trop pour la boxe anglaise

J’attendais Kovalev vs Ward avec une grande impatience, surtout après une année boxe 2016 assez morose. Pour moi ce duel de grand champion et cette opposition de style et de personnalité constituait vraiment une affiche sublime. Malheureusement, le combat s’est avéré beau mais sans plus, à des années lumières de l’explosif Thurman vs Porter de juin par exemple. Notamment à cause d’Andre Ward, qui s’est très souvent accroché sans réprimande de l’arbitre. Bien sûr c’est surtout la décision des juges qui reste en travers de la gorge, mais avant de la commenter, je vais vous donnez mon pointage avec un court avis sur chaque round.

Mon pointage

Round 1 : Comme souvent avec les round d’observation c’est plutôt serré, mais malgré tout Kovalev touche davantage à la tête et parvint à faire chanceler Ward.

10-9 pour Kovalev

Round 2 : Aucun débat possible, Kovalev domine largement et expédie Ward au sol.

10-8 pour Kovalev

Round 3 : Round serré mais je le donne encore au Krusher car même s’il n’est pas plus efficace, il est plus agressif et de plus Ward s’accrochait pas mal.

10-9 pour Kovalev

Round 4 : Round net pour le Krusher, il a le contrôle du ring et fait plus de dégat en frappant le visage de l’américain.

10-9 pour Kovalev

Round 5 : Round serré mais je le donne à Ward car il place les plus beaux coups.

10-9 pour Ward

Round 6 : Round net pour Kovalev, les coups de Ward au corps n’ont aucune efficacité alors que lui touche clairement le visage

10-9 pour Kovalev et 59-54 à la mi-combat

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Round 7 : Round pour  Ward qui a un beau jeu défensif et touche davantage

10-9 pour Ward

Round 8 : Round serré mais personnellement je le donne plutôt à SOG

10-9 pour Ward

Round 9 : Encore un round serré mais je le donne au Krusher, il est plus agressif et touche davantage au visage.

10-9 pour Kovalev

Round 10 :  Round difficilement contestable pour le russe, qui domine surtout avec son bras gauche.

10-9 Kovalev

Round 11 : Encore un round très disputé, mais je le donne à l’américain.

10-9 pour Ward

Round 12 : Reprise pollué par les accrochages, mais le russe est plus agressif et légèrement plus efficace selon moi.

10-9 pour Kovalev

Score de 116-111 pour Kovalev

Bien sûr je ne suis pas une référence et on peut donner certaines reprises que j’attribue au Krusher pour Ward. Malgré tout Harold Lederman, le légendaire juge de HBO a également eu un pointage de 116-111, ce qui me conforte dans ma vision.

Analyse de la décision

Tout d’abord, je pense que nous sommes nous d’accord sur le fait que le combat semblait délicat à juger en raison du grand nombre de round serré comme l’indique les statistiques Compubox.

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Mais malgré tout le soupçon de la corruption est présent lorsque nous posons les yeux sur la fiche de pointage. Il est en effet très étrange de constater qu’après la mi-combat, seul un round sur dix-huit sera accordé à Kovalev. Même sur le dixième round, qui est pour moi un des plus simple à juger en faveur du russe, les trois s’accordent sur le fait qu’il le perd. De plus le fait qu’Andre Ward gagne avec le minimum syndical chez les trois est assez difficile à avaler, surtout qu’avec le knockdown il perdait en cas de partage des round en 6-6. Les trois juges ont donc tous repéré les sept rounds qu’il fallait à Ward pour gagner, dont six à la suite.

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Les conséquences du scandale

Une fois de plus, le fan de boxe est prit par un abruti par les organisateurs, en plus d’être déçu du combat, qui était censé être exceptionnel.

Andre Ward ne ressort pas grandit de ce combat, son image est terni par cette prise de titre litigieuse.

Sergey Kovalev et les fans russes vont inévitablement se sentir volés. Déjà qu’il était irrespectueux qu’il ai juste deux millions de dollars quand l’américain en touchait cinq alors qu’il était champion, les américains lui volent le combat de sa vie. Même s’il accepte le rematch, le combat est maintenant nettement en faveur de Ward maintenant que l’effet de surprise de surprise est passé.

HBO va surement organiser un rematch sans saveur et la boxe, elle, creuse encore un peu plus sa propre tombe. Vous noterez que ce genre de décision n’est jamais en défaveur de l’américain comme dans le cas d’école Pacquiao vs Bradley. De plus, lorsqu’un champion américain est méprisé par un juge comme Floyd Mayweather contre Saul Alvarez, le juge est renvoyé sur le champ.