Retour sur une soirée très étrange

Je ne vais pas m’attarder sur les deux premiers combats de sous-carte, qui étaient surtout deux exécutions visant à faire découvrir Luis Arias et Dmitry Bivol, deux boxeurs prometteurs, au grand public. L’event d’hier a surtout été l’occasion pour nous d’assister à deux problèmes d’arbitrages assez rare.

Avant ou après le gong ? Légal ou illégal ?

La première bizarrerie de la soirée fut à la fin du combat opposant le virtuose Guillermo Rigondeaux à son challenger, l’inconnu mais impressionnant physiquement Moises Flores.

Premièrement le cubain a maintenant de sa main droite la nuque de son adversaire, ce qui est illégal, et surtout le crochet gauche ayant allongé son adversaire est parti après le gong. Le KO a été suivi de dix bonnes minutes de délibération entre l’arbitre et le représentant de la commission du Nevada, et qui a connu pour conclusion la validation de la victoire de Rigondeaux.

Personnellement un No Contest ne m’aurait pas choqué mais la décision rendue n’est pas non plus honteuse, après tout Rigondeaux envoie son coup à peine une seconde après le gong, alors que son adversaire était également en train de boxer.

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Vous avez vu un coup bas ?

C’est surtout le combat principal qui risque de faire parler de lui pendant des années, peut-être encore plus que la victoire contestable et contesté de l’américain en novembre dernier. Je ne vais pas vous décrire le combat car si vous lisez ses lignes vous l’avez forcément regardé, et me contenter de vous livrer mon avis.

Je pense que Ward a balancé effectivement beaucoup de coup bas pour quelqu’un ayant été averti plus tôt, dans le 7ème et surtout 8ème round, mais qu’ils sont contestables. Ils le sont tous sauf ceux à la toute fin  qui ont réussi à achever le russe. En voyant Tony Weeks s’approcher je m’attendais à ce qu’il laisse le temps de repos habituel dans pareil cas au Krusher, tout en retirant à l’américain un point. Sauf que non, le combat avait été arrêté avant même que Kovalev soit knockdown ou aux bords de l’inconscience. KO technique trop prématuré et reposant de plus sur des coups dans les valseuses.

Mais de toutes manières Kovalev ne peut pas battre Ward, deux des trois juges tenaient déjà l’américain en avance alors que comme de nombreuses personnes, j’avais cinq rounds pour le russe. Si le combat était allé au terme, Kovalev aurait perdu aux points dans tous les cas.

Espérons que la commission du Nevada révise ce combat, sans grand espoir…

En boxe, tout peut arriver

Déjà au début du mois nous avions eu affaire à une belle surprise suite au combat opposant David Haye, certes vieillissant, au coriace mais limité Tony Bellew. David Haye avait subi une punition bien surprenante mais il est tout de même important de se rappeler qu’avant le réveil de sa blessure à la jambe, il dominait largement les débats. Une blessure en plein combat peut arriver à n’importe quel boxeur (fracture du poing notamment) et est souvent synonyme de défaite. Mais hier nous avons eu droit à deux grande surprises que nous ne ne devons à aucune blessure.

La chute du numéro 1 toute catégorie

Le combat de Roman Gonzalez pouvait être perçu comme un combat facile pour ne pas perdre la main et respirer légèrement suite au combat très serré contre Carlos Cuadras en septembre dernier. Son opposant était Wisaksil Wangek, un thaïlandais principalement connu pour avoir réussi à devenir cmpion du monde WBC des super-mouches malgré un début de carrière catastrophique (trois défaites, un nul et une victoire sur ses cinq premiers combats). Son palmarès a pour autre singularité de comporter de nombreux boxeurs n’ayant jamais combattu en professionnel auparavant, comme lors de ses deux précédents combats.

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Malgré un punch inquiétant (près de 85% de taux de KO), ce manque d’opposition de valeur du thaïlandais a probablement mis le génie nicaraguayen trop en confiance ce qui lui a valu le premier down de sa carrière amateur et professionnel en début de combat. Malgré une infériorité technique incontestable, la volonté de fer ainsi qu’un certain mépris du règlement ont permis à Wangek de livrer un combat admirable, et de lui octroyer peut être la victoire la plus surprenante de la décennie, par décision majoritaire.

La décision a été quelque peu contesté mais il est clair que le combat était très serré. Gonzalez avait déjà été proche de la défaite ou du nul contre Cuadras et je m’étais permis dans les lignes du blog d’émettre de sérieux doutes sur sa venue chez les super mouches. Chocolatito aurait du lire Les Héros du Ring, il serait à 47-0.

La fin d’une série de KO consécutifs historiques

23 KO à la suite pour Gennady Golovkin, le champion des moyens ayant le plus haut taux de victoires avant la limite de tous les temps. Cette incroyable série s’est terminée hier à la surprise générale, lorsque l’américain Daniel Jacobs est parvenu à tenir les douze reprises contre le rouleau compresseur kazakh. Même si à presque 35 ans il est clair que GGG commence à décliner (il avait déjà été moins dominant que d’habitude lors de son précédent combat), Jacobs a clairement su imposer sa boxe et empêcher GGG de dérouler ses crochets surpuissants.

Boxing-Golovkin-vs-Jacobs

Même si la victoire de Golovkin est incontestable (j’ai personnellement 115-112 pour lui), il n’y a qu’au 4ème qu’il a pu laisser exprimer sa puissance et mettre Jacobs au sol. Dans tous le reste du combat c’est son jab d’une efficacité redoutable qui a fait le travail. Le roi des moyens a conserver sa couronne hier, mais il semble que Jacobs ai montré la voie à suivre pour le renverser.

Le combat de trop pour Manny Pacquiao ?

Ca vient de tomber, Pac-Man remontera sur le ring contre l’australien Jeff Horn le 22 avril. Le combat sera distribué par Top Rank et  est pressenti pour avoir lieu en Australie, et on peut s’attendre à ce que le vainqueur soit confronté dans la foulée au grand champion des super-légers Terrence Crawford. Contrairement à de nombreux fans, je ne suis pas convaincu que Pacquiao décroche sa 60ème victoire en avril.

Un boxeur sur la pente descendante

Pour moi, Pacquiao n’a jamais retrouvé le niveau qu’il avait avant de se prendre un légendaire KO contre Juan Manuel Marquez, en décembre 2012. Même s’il est redevenu deux fois champion du monde WBO et a vaincu de solide boxeur comme Timothy Bradley ou Jessie Vargas, sa puissance et surtout sa vitesse ne sont plus que l’ombre de ce qu’elles étaien. Ce déclin physique et la probable peur de se refaire violemment contrer ont fait de Pac-Man un boxeur nettement moins agressif et efficace. Le seul combat post 2012 ou l’on a l’impression de voir le Pacquio d’antan est celui ou il avait infligé six knockdown à Chris Algieri.

Pacquiao doit beaucoup à sa faculté de surprendre l’adversaire et infliger un flash down, sans cela ses deux derniers combats auraient du être très serrés aux pointages. Malgré tout il est triste de remarquer que Pacquiao n’a plus abrégé un combat depuis Cotto en 2009, même si l’on peut penser qu’en 2010 Margarito aurait du être arrêté.

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Un adversaire de taille

Jeff Horn n’est vraiment pas un adversaire à sous-estimé, je pense qu’il est meilleur que Jessie Vargas qui avait déjà opposé une belle concurrence au philippin. Horn est classé 13ème sur Boxrec et 2ème par la WBO et l’IBF, ce qui est énorme pour un non-américain. Il montre une belle fiche de 16 victoires pour juste un nul. Il a 11 KO à son actif et est sur une série de  trois.  Cela fait un pourcentage d’environ 65%, soit près du double de Vargas et Bradley. Et Horn est d’autant plus dangereux car il évolue depuis toujours chez les welters, quand ces deux derniers venaient des super-légers.

Horn ferait 1m75, mais lorsque on le voit combattre le français El Mousaoui, il est légitime de penser qu’il fait quelques centimètres de plus. Pacquiao a prouvé à de nombreuses reprises être capable de vaincre bien plus grand et lourd que lui, mais tout de même c’est un détail à prendre en compte. Horn a dix ans de moins, dix centimètres de plus et surement trois ou quatre kilos de plus que le philippin.

Jusqu’ici il a affronté que des boxeurs du top 20, mais il les a tous surclassé. Et même s’il a des lacunes techniques et défensives, je suis certain qu’il les comblera pour le combat de sa vie. Je pense également que son jab et son redoutable crochet du gauche sera la clé du combat.

 

 

 

 

 

 

 

L’ancien Tzar contre le nouveau Roi

Le combat opposant Anthony Joshua a Eric Molina fut aussi expéditif que prévu. Une simple formalité pour l’anglais qui réussit à mettre son opposant sur le carreau à la première droit nette. En réalité ce combat servait uniquement à faire combattre l’anglais pour le maintenir en forme et surtout à annoncer l’énorme combat contre l’ancien champion poids lourd Wladimir Klitschko, le 29 avril.

Passage de flambeau

C’est un classique dans l’histoire de la boxe, surtout chez les lourds. Il y a presque toujours un combat opposant l’ancien champion contre le nouveau. Et cela fini presque toujours par un KO de l’ancien. Marciano vs Louis, Ali vs Patterson, Holmes vs Ali, Tyson vs Holmes, … Seul l’immense Ali su déjouer les pronostics contre Foreman, c’est d’ailleurs en partie pour ça que le combat est aussi légendaire. Accepter ce combat est véritablement une énorme preuve de courage de Klitschko, et lorsque l’heure viendra de faire un bilan sur son héritage il ne faudra pas l’oublier. A cause de son style soporifique il est surement le grand champion poids lourd le moins apprécié mais il est incontestable que durant ses quinze années au sommet il a affronté les meilleurs boxeurs de l’époque. Chris Byrd, Samuel Peter, Ruslan Chagaev, David Haye, Alexander Povetkin, Tyson Fury, etc… A défaut d’être de grand champion, ils étaient ou sont clairement de très bons boxeurs, d’ailleurs ce sont presque les seuls combats qu’il ne remporta pas avant la limite. Bien sûr l’autre meilleur boxeur de son époque est son frère Vitali, mais difficile de lui en vouloir de ne pas s’être confronté à lui.

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Peut-il le faire ?

Même si Wladimir avait trois ou quatre ans de moins, il serait difficile de l’imaginer vaincre Anthony Joshua. Ce dernier a un corps au moins aussi incroyable que lui, a un punch et un menton de meilleure qualité, et une technique en nette progrès depuis les J.O de Londres. Wladimir n’aura pas combattu depuis un an et demi, ce qui est de loin sa plus longue absence sur les ring depuis le début de sa carrière pro en 1996. Et ses deux derniers combats ont été difficile, presque humiliant si l’on se penche sur celui contre Tyson Fury. Même avec un style aussi attentiste, le poids des années se fait forcément sentir à quarante ans. A l’inverse Joshua boxe trois fois par an et détruit littéralement ses challengers (qui ne sont pas une grande menace de base je le concède).

De plus il faut prendre en compte que Wladimir a toujours eu du mal contre les boxeurs aussi grand que lui comme on a pu le voir dans son dernier combat. Il a également un menton douteux, à l’origine de son style. Avoir un menton de verre contre un boxeur tel que Joshua risque fort d’être éliminatoire. Même si je pense que sa grande expérience va lui permettre de passer la mi-combat, le voir perdre dans les premiers rounds ne serait pas si surprenant que ça.

Kovalev vs Ward : Le scandale de trop pour la boxe anglaise

J’attendais Kovalev vs Ward avec une grande impatience, surtout après une année boxe 2016 assez morose. Pour moi ce duel de grand champion et cette opposition de style et de personnalité constituait vraiment une affiche sublime. Malheureusement, le combat s’est avéré beau mais sans plus, à des années lumières de l’explosif Thurman vs Porter de juin par exemple. Notamment à cause d’Andre Ward, qui s’est très souvent accroché sans réprimande de l’arbitre. Bien sûr c’est surtout la décision des juges qui reste en travers de la gorge, mais avant de la commenter, je vais vous donnez mon pointage avec un court avis sur chaque round.

Mon pointage

Round 1 : Comme souvent avec les round d’observation c’est plutôt serré, mais malgré tout Kovalev touche davantage à la tête et parvint à faire chanceler Ward.

10-9 pour Kovalev

Round 2 : Aucun débat possible, Kovalev domine largement et expédie Ward au sol.

10-8 pour Kovalev

Round 3 : Round serré mais je le donne encore au Krusher car même s’il n’est pas plus efficace, il est plus agressif et de plus Ward s’accrochait pas mal.

10-9 pour Kovalev

Round 4 : Round net pour le Krusher, il a le contrôle du ring et fait plus de dégat en frappant le visage de l’américain.

10-9 pour Kovalev

Round 5 : Round serré mais je le donne à Ward car il place les plus beaux coups.

10-9 pour Ward

Round 6 : Round net pour Kovalev, les coups de Ward au corps n’ont aucune efficacité alors que lui touche clairement le visage

10-9 pour Kovalev et 59-54 à la mi-combat

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Round 7 : Round pour  Ward qui a un beau jeu défensif et touche davantage

10-9 pour Ward

Round 8 : Round serré mais personnellement je le donne plutôt à SOG

10-9 pour Ward

Round 9 : Encore un round serré mais je le donne au Krusher, il est plus agressif et touche davantage au visage.

10-9 pour Kovalev

Round 10 :  Round difficilement contestable pour le russe, qui domine surtout avec son bras gauche.

10-9 Kovalev

Round 11 : Encore un round très disputé, mais je le donne à l’américain.

10-9 pour Ward

Round 12 : Reprise pollué par les accrochages, mais le russe est plus agressif et légèrement plus efficace selon moi.

10-9 pour Kovalev

Score de 116-111 pour Kovalev

Bien sûr je ne suis pas une référence et on peut donner certaines reprises que j’attribue au Krusher pour Ward. Malgré tout Harold Lederman, le légendaire juge de HBO a également eu un pointage de 116-111, ce qui me conforte dans ma vision.

Analyse de la décision

Tout d’abord, je pense que nous sommes nous d’accord sur le fait que le combat semblait délicat à juger en raison du grand nombre de round serré comme l’indique les statistiques Compubox.

score

 

Mais malgré tout le soupçon de la corruption est présent lorsque nous posons les yeux sur la fiche de pointage. Il est en effet très étrange de constater qu’après la mi-combat, seul un round sur dix-huit sera accordé à Kovalev. Même sur le dixième round, qui est pour moi un des plus simple à juger en faveur du russe, les trois s’accordent sur le fait qu’il le perd. De plus le fait qu’Andre Ward gagne avec le minimum syndical chez les trois est assez difficile à avaler, surtout qu’avec le knockdown il perdait en cas de partage des round en 6-6. Les trois juges ont donc tous repéré les sept rounds qu’il fallait à Ward pour gagner, dont six à la suite.

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Les conséquences du scandale

Une fois de plus, le fan de boxe est prit par un abruti par les organisateurs, en plus d’être déçu du combat, qui était censé être exceptionnel.

Andre Ward ne ressort pas grandit de ce combat, son image est terni par cette prise de titre litigieuse.

Sergey Kovalev et les fans russes vont inévitablement se sentir volés. Déjà qu’il était irrespectueux qu’il ai juste deux millions de dollars quand l’américain en touchait cinq alors qu’il était champion, les américains lui volent le combat de sa vie. Même s’il accepte le rematch, le combat est maintenant nettement en faveur de Ward maintenant que l’effet de surprise de surprise est passé.

HBO va surement organiser un rematch sans saveur et la boxe, elle, creuse encore un peu plus sa propre tombe. Vous noterez que ce genre de décision n’est jamais en défaveur de l’américain comme dans le cas d’école Pacquiao vs Bradley. De plus, lorsqu’un champion américain est méprisé par un juge comme Floyd Mayweather contre Saul Alvarez, le juge est renvoyé sur le champ.

 

 

 

Vers un Mayweather vs Pacquiao II

Malgré le succès financier monumental du premier combat, le rematch demandé n’eu pas lieu. Tout d’abord à cause d’un problème évident de calendrier, Mayweather étant parti à la retraite en septembre 2015, et Pacquiao du attendre avril 2016 pour remonter sur le ring à cause d’une blessure à l’épaule. De plus, le premier combat avait énormément déçu les téléspectateurs, notamment le grand public connaissant la boxe à travers Rocky. Pour ma part, même si j’attendais forcément davantage d’un combat que j’attendais comme le messie depuis plusieurs années, je prends toujours du plaisir à le revoir de temps en temps, ce n’est vraiment pas une purge. Vu que la demande des fans est en ce moment plutôt tourné vers Golovkin vs Canelo et les difficultés que l’on connait à organiser un combat entre les deux champions des années 2000, nous pouvions penser que le rematch était enterré, mais ces derniers temps plusieurs éléments me font douter.

Le problème HBO évincé

Le problème des chaînes a été un grand défi de la mise en place de Mayweather vs Pacquiao en 2015, car le premier était contractuellement lié à Showtime, et le second à HBO. Dans l’histoire de la boxe, ce n’était que la deuxième fois que les deux chaînes collaboraient pour nous offrir un combat de boxe (la première étant Lewis vs Tyson en 2002). A priori, si rematch il y a ce sera sur Showtime, car HBO a commis l’erreur de ne pas reconduire son contrat avec Pac-Man, et le dernier combat du philippin a été retransmit directement par Top Rank.

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Des relations apaisées

L’époque ou les deux (mais surtout l’américain) s’insultait par média interposé semble révolue. A la surprise générale, Mayweather a complimenté Pacquiao lors d’une interview en octobre. Encore plus surprenant, il était présent au bord du ring pour le combat de Pacquiao contre Vargas. Après le combat, Pacquiao a même déclaré que l’américain était passé le voir à son gym pendant sa préparation.

Bien sûr, les négociations d’ordres financières risque encore d’être âpres, mais le climat semble plus détendu qu’entre 2010 et 2015.

Un gros paquet de fric

Même si recrée un engouement aussi important que le combat de 2015 risque d’être difficile voire impossible, Mayweather vs Pacquiao II reste un voire le combat le plus lucratif possible en 2017. Admettons que deux fois moins de téléspectateur achète le combat, cela semble crédible. cela ferait tout de même 2,3 millions de PPV vendus. A 70 dollars l’event cela fait plus de 150 millions de dollars de recette, sans la billetterie et la publicité).

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Pour se rendre compte à quel point c’est énorme, il faut savoir qu’aucun combat depuis Mayweather vs Pacquiao a atteint le million, pas même Cotto vs Canelo. Je ne suis même pas sûr que Kovalev vs Ward, qui est pourtant un des combats majeurs de la décennie atteigne ce chiffre.

La catégorie poids lourd change de visage

L’époque ou les frères Klitschko détenaient à eux deux les quatre ceintures de champions du monde parait bien lointaine. Depuis la défaite du benjamin contre le surprenant Tyson Fury il y a presque un an, la catégorie connait un renouvellement agréable pour les fans mais ne possède plus vraiment de roi incontesté. La situation peut paraître difficile pour quelqu’un ne suivant pas la boxe de près, donc nous allons rapidement faire le point pour chaque fédération.

Le cas de la WBC

Le champion de la WBC est toujours Deontay Wilder, qui possède le titre depuis presque deux ans et l’a défendu déjà quatre fois. Malheureusement il n’a jamais affronté son challenger obligatoire, Alexander Povetkin, et a eu la chance d’évité le combat en mai grâce à une histoire de dopage très louche en lien avec le challenger. Le champion s’est également fracturé la main et déchiré le biceps lors de son dernier combat contre Arreola, et ne sera surement pas de retour sur les ring avant mars ou avril 2017. La WBC a donc ordonné, à raison, un combat entre Alexander Povetkin et l’ancien champion Bermane Stiverne, respectivement premier et deuxième du classement.

A mon humble avis, Stiverne n’est plus que l’ombre de lui même et ne pourra rien faire contre le russe si ce dernier est en forme. Le gagnant du combat aura droit a un combat d’unification contre le champion. Même si j’attends le 17 décembre pour mesurer les chances du russe, je pense que dans tout les cas le combat sera extrêmement difficile pour l’américain, surtout après de telles blessures.

Le cas de la WBA

Le titre WBA fait partie des deux titres laissés vacant par Fury la semaine dernière et comme souvent, la WBA ne sait pas trop sur quel pied danser, et leur décision va avoir une très forte influence sur la fin de l’année en boxe anglaise. Wladimir Klitschko consent à affronter Anthony Joshua dans un duel inter-générationnel si le titre WBA vacant est en jeu en plus du titre IBF de l’anglais. Un tel combat serait un des plus importants de l’année et serait très intéressant pour mesurer les réelles qualités de Joshua.

Boxing. Ruslan Chagaev vs. Lucas Browne

Malheureusement la WBA serait davantage tenté d’ordonner un combat entre l’ukrainien et l’australien Lucas Browne. Ce dernier a une fiche de 24-0 (21 KO) et son principal fait d’arme est d’avoir vaincu par KO technique Ruslan Chagaev, qui était proche de la retraite. Malgré le fait que l’ancien roi des lourds ne soit plus à son meilleur, je le vois quand même sortir vainqueur par décision contre Browne. Cette victoire lui permettrait de devenir champion pour la troisième fois, égalant le record de Mohamed Ali. Malheureusement pour nous, Luis Ortiz est toujours écarté des grands combats, mais sa collaboration avec Eddie Hearn est plutôt positive pour l’avenir.

Le cas de la WBO

Le titre WBO a également été déclaré vacant par Tyson Fury. Il sera disputé le 10 décembre entre Joseph Parker et l’inconnu Andy Ruiz Jr. Malgré sa fiche de 29 victoires et vierge de défaite, Ruiz ne devrait pas être un problème pour Parker, qui est plus grand et plus puissant que le mexicain. En théorie, le vainqueur devrait par la suite affronter David Haye.

Joshua toujours impérial sur le titre IBF

Le titre IBF sera défendu par l’étoile montante de la catégorie le 10 décembre. Pour l’instant plusieurs challengers sont mentionnés comme David Price, Bryant Jennings ou encore Wladimir Klitschko, comme indiqué plus tôt. Il est intéressant de savoir que l’IBF va imposé un challenger obligatoire en 2017, et que si Kubrat Pulev refuse une nouvelle fois d’affronter Joshua, le combat reviendrait probablement à Duhaupas, classé 4ème. Une nouvelle chance mondiale serait justifié après son excellente performance contre Robert Helenius en en avril dernier.

Tyson Fury, le champion qui déteste la boxe

«Je déteste la boxe, je déteste m’entraîner»,«La boxe, c’est le néant», «La boxe est la chose la plus triste à laquelle j’ai participé». Rarement un champion du monde a autant dénigré le sport l’ayant rendu riche et populaire que Tyson Fury. Il suffit d’ailleurs de voir son tour de taille lors de la plupart de ses combats pour avoir la confirmation qu’il n’est effectivement pas un athlète. Cette haine profonde du sport combiné aux récents déboires du champion avec la cocaïne ont fait croire à beaucoup de monde que l’annonce de sa retraite de cet après-midi était réel.

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Le Roi du trolling

Evidemment, juste quelques heures après, Fury revint sur cette annonce et en profita pour rappeler à tout le monde qu’il était le meilleur. Toujours drôle, il n’hésita pas à s’affubler d’un avatar comportant un montage de sa tête sur une photo de Tony Montana de Scarface. Encore une fois, Fury a su jouer avec les médias comme peu en sont capable. C’est peut être triste à avouer, mais il est surement le boxeur le plus médiatisé des années 2010 à cause de ses frasques. Antisémitisme, misogynie, homophobie, toutes les cartes sont bonne pour faire parler les médias.

Fury est également un spécialiste des conférences de presse animé, lorsque il est présent en tout cas. Qu’il fasse le clown habillé en Batman ou quand il nargue Klitschko en mettant en avant sa panse scandaleusement graisseuse pour un boxeur de son calibre et le fait que même malgré ça il l’ait vaincu, cela fait forcément parler.

Un vrai boxeur

Bien sûr, Tyson Fury n’est pas qu’un clown avec un nom classe. Malgré les vidéos ayant fait le tour du globe le montrant s’infliger lui même un uppercut, c’est un boxeur assez habile. Il a un grand sens du combat et des déplacement vraiment intelligent. Il sait également mettre sa taille de géant à profit en se servant de son allonge pour dominer les débats avec le jab. C’est d’ailleurs le seul boxeur ayant pu vaincre Wladimir Klitschko a son propre jeu, même si ce dernier est vieillissant cela reste un exploit.

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Bien sûr il reste tout de même très loin du boxeur parfait. Il a encaissé plusieurs down prouvant que son menton n’est pas en acier et son physique entraîne forcément un cardio défaillant. Même s’il a prouvé contre l’ukrainien qu’une fois descendu a son poids de forme de 112 kilos, il pouvait être plutôt performant sur 36 minutes.

Le rematch contre Klitschko ne se fera sans doute jamais et c’est fort dommage, car il aurait été intéressant de voir qui en ressortirait vainqueur. Personnellement je pense que plus jeune Wladimir aurait eu raison de lui par KO, mais aujourd’hui si Fury se prépare sérieusement il est clairement au dessus.

L’après 2016

J’ai hâte de voir la suite du dossier Fury. Ce dernier annonce vouloir continuer mais malgré tout il risque de perdre ses titres. En faisant capoter deux fois la revanche contre Klitschko, il a fait perdre en promotion et en location beaucoup d’argent aux promoteurs, qui risquent de ne plus faire confiance à un boxeur aussi instable. Surtout que le fan de boxe risque de le voir comme un lâche qui a eu peur d’affronter à nouveau l’ukrainien.

Il faut également voir si Fury et sa motivation sont toujours la sans la prise de cocaïne, et ce n’est pas du tout certain. Même si pour sa défense, David Haye et Anthony Joshua sont dopés et pourtant considéré avec un grand respect et peu embêté par les agences anti-dopages.

 

En boxe, les paris se payent chers

Sur les traces de Leonard

Nous le savions tous, malgré les qualités indiscutables de Kell Brook, ses chances contre le Roi Golovkin étaient très minces. Malgré trois défenses de son titre IBF expéditives, il faut tout de même se souvenir que son meilleur adversaire fut Shawn Porter, et que ce combat était vraiment serré. Et malgré l’immense respect que j’ai pour l’américain, il n’est qu’un welter d’à peine 1,70m et 70 kilos, très loin d’avoir la puissance et la résistance d’un poids moyen. Même si Kell Brook s’est probablement amélioré depuis sa prise de titre contre Porter, affronter Golovkin était un pari fou. Bien sûr il n’est pas le premier à faire ce pari. En 1974, Jose Napoles le champion des moyens défiait Carlos Monzon, le Golovkin de l’époque, dans un combat dans les Hauts-de-Seine. Les long bras de l’argentin démolirent Napoles en seulement six reprises.

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Bien sûr nous savons que c’est tout de même possible grâce à Sugar Ray Leonard et sa victoire aux point contre l’insubmersible Marvin Hagler, mais nous parlons d’un homme qui est pour beaucoup le meilleur boxeur encore en vie en 2016. Sans compter que le combat avait été très serré même si le pointages des juges ne rendait pas honneur à Hagler. En tout cas une chose était sûr, si Kell Brook était venu à bout du champion, il serait rentré dans l’Histoire de la boxe comme étant un des plus grands champion de la décennie. Il faut aussi ajouté qu’à la pesée Golovkin affichait un visage plus fermé et détaché qu’à l’accoutumé, et que des rumeurs sur sa forme et sa santé étaient présentes. Un coup de pouce du destin pour Brook peut être

Problème de poids

Malheureusement pour lui, Golovkin et ses parpaings dans les gants étaient bels et bien là. Des le premier round on sent que les coups de GGG font terriblement mal, notamment ses crochets du gauche, et qu’il est plus agressif que l’anglais. Malgré ça Brook réussit tout de même l’exploit de faire un excellent deuxième round, en réussissant à contourner la garde du champion. Rare sont les fois ou j’ai vu le kazakh possiblement perdre une reprise. Mais malgré ça, c’était clairement lui qui dominait le combat avec sa fantastique façon de couper le ring et d’emmener son adversaire à la rupture. Rupture qui arriva au 5ème round, ou Golovkin commençait à dérouler ses combinaisons dans les cordes, touchant très souvent Brook qui ne répondait plus. Nous pouvons trouver l’abandon du coin un peu prématuré, mais il était clair que les chances de l’anglais était proche de zéro. Malgré ce sale combat pour lui je ne me fais pas de souci pour sa carrière, il saura rebondir en super-welter, après avoir soigneusement évité le combat que l’on attends tous contre Errol Spence j’en ai peur.

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Dans la même soirée, un autre duel entre deux grands champion invaincu avaient lieu. Roman Gonzalez faisait lui le pari de devenir champion dans une quatrième catégorie contre Carlos Cuadras, le champion WBC super-mouche. Après cet excellent combat, il me semble clair que Chocolatito doit redescendre immédiatement chez les mouches. Avant cette soirée, je l’avais rarement vu allez au bout des douze reprises, et surtout être malmené. Pour la première fois, son visage était rougies et tuméfiés et celui de son adversaire était quasi intact. Cependant, cet écart physique ne l’empêcha pas de réussir son pari, empochant une nouvelle ceinture et une fiche incroyable de 46-0. Cuadras peut tout de même bouder les juges et exiger un rematch, il ne méritait probablement pas le pointage de 116-112 et 117-111.

Deontay Wilder est un paper champ

Parcours protégé

Avant de revenir sur le statut actuel de Wilder, il est important de revenir sur ce qui l’a fait connaitre. Comme son surnom l’indique, Wilder est devenu connu en empochant la médaille de Bronze aux jeux de Pekin, en 2008. Edition marquant la fin des bonnes performances des américains aux J.O car il est le seul boxeur a avoir obtenu une médaille cette année, ce qui représentait une situation impensable à l’époque. Aujourd’hui d’ailleurs, Andre Ward reste le dernier champion olympique américain. Il est également important de noter que Wilder combattait en lourd et non dans la catégorie reine, qui est les super-lourd en amateur.

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Après avoir prit quelque mois de repos et quelque kilos de muscle, Bronze Bomber commence une carrière professionnel chez les lourds. En six ans, il se construit une fiche impressionnante de 32 victoires par KO, aucun adversaire ne dépassant le quatrième round. Et malgré ce palmarès impressionnant, Wilder n’était toujours pas perçu comme un poids lourd important. Cela venait du fait qu’il n’avait affronté que de sombres inconnu, à part Audley Harrison, qui est surement la preuve vivante qu’être champion olympique ne mène pas forcément à la gloire une fois passé du côté des pros. Notons tout de même que Wilder eu le courage de l’affronter à Sheffield et qu’il ne mit qu’une minute à l’envoyer à la retraite. Wilder était aussi moqué pour une vidéo le montrant en spar contre David Haye, et clairement dominé. Avec tout ses éléments, il était tout a fait légitime de douter du niveau réel de l’américain contre un vrai boxeur.

La consécration

Mais malheureusement pour Bermane Stiverne, la Bombe de Bronze est clairement un bon boxeur et il eu le malheur de servir de tremplin pour l’américain dans ce qui est malheureusement le plus grand poids lourd américain de la décennie. Pourtant Stiverne était un champion tout a fait correct. Malgré un corps gras et une petite taille pour sa catégorie, il est connu pour son courage et son punch qui lui permit de mettre KO 21 fois son opposant. Vu qu’à l’époque l’on doutait de la capacité de Wilder a encaissé, cela pouvait faire peur. A l’époque Don King avait vendu le combat en utilisant l’argument qu’il était certain qu’il se finirait sur un KO.

Ce ne fut pas le cas mais la victoire de Wilder était incontestable. Il domina les douze reprises grâce à son immense allonge, lui permettant d’envoyer des jabs dans la face du champion tout en sécurité. Et souvent son direct du droit sut passer en travers de la garde, faisant parfois sévèrement vaciller Stiverne comme sur l’extrait ci-dessous. Même si ce combat prouva que Bronze Bomber pouvait boxer à haut niveau et tenir douze round, il fallait tout de même noter que des qu’il avait un vrai boxeur en face, abrégé le combat était une autre paire de manche.

Règne décevant

Malheureusement cela se vérifia pour ses quatre défenses de titre, ou il nous promettait à chaque fois de très vite abréger les débats et il n’en était rien. Même si on lui pardonne d’avoir eu du mal contre notre solide Johann Duhaupas et que l’on admire son KO terrifiant contre le polonais Artur Szpilka, ses prestations contre Eric Molina et Chris Arreola étaient fortement décevante. Ajoutons à cela que son combat que l’on attendait tous contre Alexander Povetkin, son challenger obligatoire, fut annulé pour des raisons de dopage finalement fausse. Bien sûr, Wilder ne chercha pas à faire le combat une fois l’affaire éclairci, préférant affronter encore un challenger largement à sa portée.

capturepovrtkin

Mais les événements récents sont très mauvais pour son titre. Contre Arreola il c’est de nouveau fracturé le poing droit en plus d’une déchirure au même biceps. Même si la blessure n’est pas au niveau de celle d’Hassan N’Dam, cela pourrait l’handicapé à l’avenir. Surtout que son prochain combat risque d’être contre Povetkin qui va probablement devenir champion du monde WBC intérimaire contre Bermane Stiverne en cette fin d’année. J’attends avec impatience ce combat car nous saurons enfin si Wilder est un vrai champion ou un produit protégé des américains.