Kovalev vs Ward : Le scandale de trop pour la boxe anglaise

J’attendais Kovalev vs Ward avec une grande impatience, surtout après une année boxe 2016 assez morose. Pour moi ce duel de grand champion et cette opposition de style et de personnalité constituait vraiment une affiche sublime. Malheureusement, le combat s’est avéré beau mais sans plus, à des années lumières de l’explosif Thurman vs Porter de juin par exemple. Notamment à cause d’Andre Ward, qui s’est très souvent accroché sans réprimande de l’arbitre. Bien sûr c’est surtout la décision des juges qui reste en travers de la gorge, mais avant de la commenter, je vais vous donnez mon pointage avec un court avis sur chaque round.

Mon pointage

Round 1 : Comme souvent avec les round d’observation c’est plutôt serré, mais malgré tout Kovalev touche davantage à la tête et parvint à faire chanceler Ward.

10-9 pour Kovalev

Round 2 : Aucun débat possible, Kovalev domine largement et expédie Ward au sol.

10-8 pour Kovalev

Round 3 : Round serré mais je le donne encore au Krusher car même s’il n’est pas plus efficace, il est plus agressif et de plus Ward s’accrochait pas mal.

10-9 pour Kovalev

Round 4 : Round net pour le Krusher, il a le contrôle du ring et fait plus de dégat en frappant le visage de l’américain.

10-9 pour Kovalev

Round 5 : Round serré mais je le donne à Ward car il place les plus beaux coups.

10-9 pour Ward

Round 6 : Round net pour Kovalev, les coups de Ward au corps n’ont aucune efficacité alors que lui touche clairement le visage

10-9 pour Kovalev et 59-54 à la mi-combat

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Round 7 : Round pour  Ward qui a un beau jeu défensif et touche davantage

10-9 pour Ward

Round 8 : Round serré mais personnellement je le donne plutôt à SOG

10-9 pour Ward

Round 9 : Encore un round serré mais je le donne au Krusher, il est plus agressif et touche davantage au visage.

10-9 pour Kovalev

Round 10 :  Round difficilement contestable pour le russe, qui domine surtout avec son bras gauche.

10-9 Kovalev

Round 11 : Encore un round très disputé, mais je le donne à l’américain.

10-9 pour Ward

Round 12 : Reprise pollué par les accrochages, mais le russe est plus agressif et légèrement plus efficace selon moi.

10-9 pour Kovalev

Score de 116-111 pour Kovalev

Bien sûr je ne suis pas une référence et on peut donner certaines reprises que j’attribue au Krusher pour Ward. Malgré tout Harold Lederman, le légendaire juge de HBO a également eu un pointage de 116-111, ce qui me conforte dans ma vision.

Analyse de la décision

Tout d’abord, je pense que nous sommes nous d’accord sur le fait que le combat semblait délicat à juger en raison du grand nombre de round serré comme l’indique les statistiques Compubox.

score

 

Mais malgré tout le soupçon de la corruption est présent lorsque nous posons les yeux sur la fiche de pointage. Il est en effet très étrange de constater qu’après la mi-combat, seul un round sur dix-huit sera accordé à Kovalev. Même sur le dixième round, qui est pour moi un des plus simple à juger en faveur du russe, les trois s’accordent sur le fait qu’il le perd. De plus le fait qu’Andre Ward gagne avec le minimum syndical chez les trois est assez difficile à avaler, surtout qu’avec le knockdown il perdait en cas de partage des round en 6-6. Les trois juges ont donc tous repéré les sept rounds qu’il fallait à Ward pour gagner, dont six à la suite.

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Les conséquences du scandale

Une fois de plus, le fan de boxe est prit par un abruti par les organisateurs, en plus d’être déçu du combat, qui était censé être exceptionnel.

Andre Ward ne ressort pas grandit de ce combat, son image est terni par cette prise de titre litigieuse.

Sergey Kovalev et les fans russes vont inévitablement se sentir volés. Déjà qu’il était irrespectueux qu’il ai juste deux millions de dollars quand l’américain en touchait cinq alors qu’il était champion, les américains lui volent le combat de sa vie. Même s’il accepte le rematch, le combat est maintenant nettement en faveur de Ward maintenant que l’effet de surprise de surprise est passé.

HBO va surement organiser un rematch sans saveur et la boxe, elle, creuse encore un peu plus sa propre tombe. Vous noterez que ce genre de décision n’est jamais en défaveur de l’américain comme dans le cas d’école Pacquiao vs Bradley. De plus, lorsqu’un champion américain est méprisé par un juge comme Floyd Mayweather contre Saul Alvarez, le juge est renvoyé sur le champ.

 

 

 

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Vers un Mayweather vs Pacquiao II

Malgré le succès financier monumental du premier combat, le rematch demandé n’eu pas lieu. Tout d’abord à cause d’un problème évident de calendrier, Mayweather étant parti à la retraite en septembre 2015, et Pacquiao du attendre avril 2016 pour remonter sur le ring à cause d’une blessure à l’épaule. De plus, le premier combat avait énormément déçu les téléspectateurs, notamment le grand public connaissant la boxe à travers Rocky. Pour ma part, même si j’attendais forcément davantage d’un combat que j’attendais comme le messie depuis plusieurs années, je prends toujours du plaisir à le revoir de temps en temps, ce n’est vraiment pas une purge. Vu que la demande des fans est en ce moment plutôt tourné vers Golovkin vs Canelo et les difficultés que l’on connait à organiser un combat entre les deux champions des années 2000, nous pouvions penser que le rematch était enterré, mais ces derniers temps plusieurs éléments me font douter.

Le problème HBO évincé

Le problème des chaînes a été un grand défi de la mise en place de Mayweather vs Pacquiao en 2015, car le premier était contractuellement lié à Showtime, et le second à HBO. Dans l’histoire de la boxe, ce n’était que la deuxième fois que les deux chaînes collaboraient pour nous offrir un combat de boxe (la première étant Lewis vs Tyson en 2002). A priori, si rematch il y a ce sera sur Showtime, car HBO a commis l’erreur de ne pas reconduire son contrat avec Pac-Man, et le dernier combat du philippin a été retransmit directement par Top Rank.

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Des relations apaisées

L’époque ou les deux (mais surtout l’américain) s’insultait par média interposé semble révolue. A la surprise générale, Mayweather a complimenté Pacquiao lors d’une interview en octobre. Encore plus surprenant, il était présent au bord du ring pour le combat de Pacquiao contre Vargas. Après le combat, Pacquiao a même déclaré que l’américain était passé le voir à son gym pendant sa préparation.

Bien sûr, les négociations d’ordres financières risque encore d’être âpres, mais le climat semble plus détendu qu’entre 2010 et 2015.

Un gros paquet de fric

Même si recrée un engouement aussi important que le combat de 2015 risque d’être difficile voire impossible, Mayweather vs Pacquiao II reste un voire le combat le plus lucratif possible en 2017. Admettons que deux fois moins de téléspectateur achète le combat, cela semble crédible. cela ferait tout de même 2,3 millions de PPV vendus. A 70 dollars l’event cela fait plus de 150 millions de dollars de recette, sans la billetterie et la publicité).

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Pour se rendre compte à quel point c’est énorme, il faut savoir qu’aucun combat depuis Mayweather vs Pacquiao a atteint le million, pas même Cotto vs Canelo. Je ne suis même pas sûr que Kovalev vs Ward, qui est pourtant un des combats majeurs de la décennie atteigne ce chiffre.

La catégorie poids lourd change de visage

L’époque ou les frères Klitschko détenaient à eux deux les quatre ceintures de champions du monde parait bien lointaine. Depuis la défaite du benjamin contre le surprenant Tyson Fury il y a presque un an, la catégorie connait un renouvellement agréable pour les fans mais ne possède plus vraiment de roi incontesté. La situation peut paraître difficile pour quelqu’un ne suivant pas la boxe de près, donc nous allons rapidement faire le point pour chaque fédération.

Le cas de la WBC

Le champion de la WBC est toujours Deontay Wilder, qui possède le titre depuis presque deux ans et l’a défendu déjà quatre fois. Malheureusement il n’a jamais affronté son challenger obligatoire, Alexander Povetkin, et a eu la chance d’évité le combat en mai grâce à une histoire de dopage très louche en lien avec le challenger. Le champion s’est également fracturé la main et déchiré le biceps lors de son dernier combat contre Arreola, et ne sera surement pas de retour sur les ring avant mars ou avril 2017. La WBC a donc ordonné, à raison, un combat entre Alexander Povetkin et l’ancien champion Bermane Stiverne, respectivement premier et deuxième du classement.

A mon humble avis, Stiverne n’est plus que l’ombre de lui même et ne pourra rien faire contre le russe si ce dernier est en forme. Le gagnant du combat aura droit a un combat d’unification contre le champion. Même si j’attends le 17 décembre pour mesurer les chances du russe, je pense que dans tout les cas le combat sera extrêmement difficile pour l’américain, surtout après de telles blessures.

Le cas de la WBA

Le titre WBA fait partie des deux titres laissés vacant par Fury la semaine dernière et comme souvent, la WBA ne sait pas trop sur quel pied danser, et leur décision va avoir une très forte influence sur la fin de l’année en boxe anglaise. Wladimir Klitschko consent à affronter Anthony Joshua dans un duel inter-générationnel si le titre WBA vacant est en jeu en plus du titre IBF de l’anglais. Un tel combat serait un des plus importants de l’année et serait très intéressant pour mesurer les réelles qualités de Joshua.

Boxing. Ruslan Chagaev vs. Lucas Browne

Malheureusement la WBA serait davantage tenté d’ordonner un combat entre l’ukrainien et l’australien Lucas Browne. Ce dernier a une fiche de 24-0 (21 KO) et son principal fait d’arme est d’avoir vaincu par KO technique Ruslan Chagaev, qui était proche de la retraite. Malgré le fait que l’ancien roi des lourds ne soit plus à son meilleur, je le vois quand même sortir vainqueur par décision contre Browne. Cette victoire lui permettrait de devenir champion pour la troisième fois, égalant le record de Mohamed Ali. Malheureusement pour nous, Luis Ortiz est toujours écarté des grands combats, mais sa collaboration avec Eddie Hearn est plutôt positive pour l’avenir.

Le cas de la WBO

Le titre WBO a également été déclaré vacant par Tyson Fury. Il sera disputé le 10 décembre entre Joseph Parker et l’inconnu Andy Ruiz Jr. Malgré sa fiche de 29 victoires et vierge de défaite, Ruiz ne devrait pas être un problème pour Parker, qui est plus grand et plus puissant que le mexicain. En théorie, le vainqueur devrait par la suite affronter David Haye.

Joshua toujours impérial sur le titre IBF

Le titre IBF sera défendu par l’étoile montante de la catégorie le 10 décembre. Pour l’instant plusieurs challengers sont mentionnés comme David Price, Bryant Jennings ou encore Wladimir Klitschko, comme indiqué plus tôt. Il est intéressant de savoir que l’IBF va imposé un challenger obligatoire en 2017, et que si Kubrat Pulev refuse une nouvelle fois d’affronter Joshua, le combat reviendrait probablement à Duhaupas, classé 4ème. Une nouvelle chance mondiale serait justifié après son excellente performance contre Robert Helenius en en avril dernier.

Bobby Chacon, le puncher qui était prêt à mourir sur le ring

2016 est une année pouvant être décevante au niveau pugilistique, mais elle aura surtout été la dernière pour de grands boxeurs. Bien sûr tout le monde a en tête la mort de Mohamed Ali, mais dans cet article je vais pour présenter un autre héros du ring décédé récemment dans l’indifférence générale.

Des débuts difficiles

En 1974, Chacon n’était pas un boxeur réputé pour sa technique lorsqu’il dispute son premier championnat du monde pour le titre vacant WBC des plumes contre Alfredo Marcano. Il était en effet connu pour prendre beaucoup de coup et avait d’ailleurs subis une sévère correction contre Ruben Olivares, l’ancien roi des coqs. Mais Schoolboy était également connu pour son punch redoutable, tellement puissant qu’il comptait 22 de ses 24 victoires par KO. Comme prévu, cela lui permit de vaincre Marcano et de devenir champion dans un de ses combats les plus maîtrisé, par KO au 9ème round.

Chacon parvint à défendre son titre une première fois très facilement mais malheureusement son règne prends vite fin. Sa revanche contre Olivares tourne au cauchemar dès le deuxième round, et il subit tellement que l’arbitre est obligé de mettre fin au match. Pour beaucoup de boxeur, une si grosse défaite signe la fin d’une carrière à haut niveau, surtout lorsque c’est contre un adversaire contre qui l’on a déjà perdu une fois.

Une reprise de titre impossible

Mais il en fallait davantage pour décourager Bobby Chacon et il revient très vite sur les ring, en combattant deux fois dans le reste de l’année, dont un combat qui se signera par une autre défaite, contre son autre plus grand rival, Rafael Limon. De 1976 à fin 1978, il remporte 13 combats sur 14, dont une revanche contre Olivares. 1979 est une mauvaise année pour lui, ou il encaisse un nul contre Limon et un KO contre Alexis Arguello, dont nous reparlerons plus tard dans l’article suivant. Arguello était champion WBC des super plumes.

L’année suivante il parvint à prendre sa revanche aux points contre Limon mais reprends un KO en essayant de redevenir champion, contre Cornelius Boza-Edwards. A cet instant Chacon n’était pas encore une légende du Noble Art mais cela ne saurait tarder. En effet, en 1982 il livre le combat de sa vie contre Limon, encore pour le titre WBC des super-plumes. En plus de remporter le titre, ce match allait mettre fin à la rivalité contre Limon, qui jusqu’à ce combat se soldait par une victoire pour chaque boxeur et un nul.

Deux combats légendaires

Le match se révèle incroyable. Chacon encaisse un nombre incroyable de coups et va même au tapis dans le 3ème et le 10ème round. Mais son mental et la puissance de ses poings lui permettent de revenir sur la fin, notamment avec un down magnifique juste avant la fin du 15ème. Ce down lui apportant un 10-8 au dernier round lui permet de remporter le combat dans une décision très serré. Chacon vs Limon IV est nommé par Ring Le combat de l’année.

Chacon remet le couvert six mois plus tard en prenant sa revanche contre Boza-Edwards. Encore une fois le combat fut d’une violence rarement vue auparavant dans un combat de boxe et bien qu’inférieur techniquement, Chacon remporte le combat aux points grâce aux trois knockdown qu’il inflige à Boza-Edwards. Le combat est encore une fois élu combat de l’année par The Ring. Ce sera le dernier grand combat de Chacon, il sera par la suite destitué de son titre pour son refus d’affronter Hector Camacho, et encaissera une correction contre Ray Mancini, pour le titre WBA des légers.

C’était Bobby Chacon

Au final ces deux combats exceptionnels permettent à Bobby Chacon d’entrer au Hall of Fame en 2005, et surtout dans la mémoire des fans, toujours friands de boxeur aussi acharné et spectaculaire. Au final lorsqu’il met fin à sa carrière en 1988, sa fiche 59 victoires (47 avant la limite), 7 défaites (5 avant la limite) et un nul. Il fut capable de venger presque toutes ses défaites, et Arguello et Mancini auraient peut être perdu en cas de rematch.

Malheureusement Chacon donna peut être trop à la boxe, et paya cher ses guerres entre les cordes. Il devint avec Ali le cas souffrant du syndrome du boxeur le plus connu au monde, et ses capacités physiques et mentales déclinèrent rapidement à partir des années 2000 jusqu’à sa mort le 7 septembre dernier.

Chacon est également un symbole du boxeur exemplaire sur un ring mais dont la vie privée est très critiquable. En 1984 il fut accusé de violence conjugale avec sa seconde femme (Chacon se maria trois fois) . Son fils gangster fut tué par balle en 1991. Comme Mohamed Ali, les apparitions de Chacon furent rare à cause de la maladie.

Même s’il n’était pas un champion très performant, Bobby Chacon était un grand homme du Noble-Art et l’incarnation du boxeur capable de vaincre un boxeur plus talentueux uniquement grâce à son mental extraordinaire . Lorsqu’il est décédé le 7 septembre 2016, il avait 64 ans.

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Tyson Fury, le champion qui déteste la boxe

«Je déteste la boxe, je déteste m’entraîner»,«La boxe, c’est le néant», «La boxe est la chose la plus triste à laquelle j’ai participé». Rarement un champion du monde a autant dénigré le sport l’ayant rendu riche et populaire que Tyson Fury. Il suffit d’ailleurs de voir son tour de taille lors de la plupart de ses combats pour avoir la confirmation qu’il n’est effectivement pas un athlète. Cette haine profonde du sport combiné aux récents déboires du champion avec la cocaïne ont fait croire à beaucoup de monde que l’annonce de sa retraite de cet après-midi était réel.

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Le Roi du trolling

Evidemment, juste quelques heures après, Fury revint sur cette annonce et en profita pour rappeler à tout le monde qu’il était le meilleur. Toujours drôle, il n’hésita pas à s’affubler d’un avatar comportant un montage de sa tête sur une photo de Tony Montana de Scarface. Encore une fois, Fury a su jouer avec les médias comme peu en sont capable. C’est peut être triste à avouer, mais il est surement le boxeur le plus médiatisé des années 2010 à cause de ses frasques. Antisémitisme, misogynie, homophobie, toutes les cartes sont bonne pour faire parler les médias.

Fury est également un spécialiste des conférences de presse animé, lorsque il est présent en tout cas. Qu’il fasse le clown habillé en Batman ou quand il nargue Klitschko en mettant en avant sa panse scandaleusement graisseuse pour un boxeur de son calibre et le fait que même malgré ça il l’ait vaincu, cela fait forcément parler.

Un vrai boxeur

Bien sûr, Tyson Fury n’est pas qu’un clown avec un nom classe. Malgré les vidéos ayant fait le tour du globe le montrant s’infliger lui même un uppercut, c’est un boxeur assez habile. Il a un grand sens du combat et des déplacement vraiment intelligent. Il sait également mettre sa taille de géant à profit en se servant de son allonge pour dominer les débats avec le jab. C’est d’ailleurs le seul boxeur ayant pu vaincre Wladimir Klitschko a son propre jeu, même si ce dernier est vieillissant cela reste un exploit.

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Bien sûr il reste tout de même très loin du boxeur parfait. Il a encaissé plusieurs down prouvant que son menton n’est pas en acier et son physique entraîne forcément un cardio défaillant. Même s’il a prouvé contre l’ukrainien qu’une fois descendu a son poids de forme de 112 kilos, il pouvait être plutôt performant sur 36 minutes.

Le rematch contre Klitschko ne se fera sans doute jamais et c’est fort dommage, car il aurait été intéressant de voir qui en ressortirait vainqueur. Personnellement je pense que plus jeune Wladimir aurait eu raison de lui par KO, mais aujourd’hui si Fury se prépare sérieusement il est clairement au dessus.

L’après 2016

J’ai hâte de voir la suite du dossier Fury. Ce dernier annonce vouloir continuer mais malgré tout il risque de perdre ses titres. En faisant capoter deux fois la revanche contre Klitschko, il a fait perdre en promotion et en location beaucoup d’argent aux promoteurs, qui risquent de ne plus faire confiance à un boxeur aussi instable. Surtout que le fan de boxe risque de le voir comme un lâche qui a eu peur d’affronter à nouveau l’ukrainien.

Il faut également voir si Fury et sa motivation sont toujours la sans la prise de cocaïne, et ce n’est pas du tout certain. Même si pour sa défense, David Haye et Anthony Joshua sont dopés et pourtant considéré avec un grand respect et peu embêté par les agences anti-dopages.

 

Mayweather vs Canelo : Trois ans déjà

C’était il y a trois ans

Très rare sont les combats ayant suscité autant d’attente chez moi, et plus globalement dans le monde de la boxe depuis que je la suis. Annoncé dans une période étrange et triste dans laquelle le combat du siècle opposant Mayweather et Pacquiao semblait définitivement mort à cause des récents déboires de ce dernier, The One était quand même un joli réconfort.

Mayweather vs Canelo fait partie de ses combats qui éclipsent tout les autres pendant plusieurs mois, et qui ont pour vocation d’entrer dans la grande et belle Histoire de la boxe. Tout d’abord, aucune affiche n’avait suscité une promotion aussi impressionnante avant, multipliant les conférence de presse au Mexique et aux Etats-Unis. Avec ce combat il était clair que Showtime avait clairement l’intention de rentabiliser le contrat record de Mayweather et également de vaincre le record de vente de PPV, datant de De La Hoya vs Mayweather en 2007.

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Mais pour vendre un programme à 70$ à des millions d’américains il faut avant tout une affiche alléchante opposant deux grands champions et c’était clairement le cas. D’un côté, Floyd Mayweather Jr, plus grand champion américain de son époque et pourtant surement le plus détesté. En effet, l’américain moyen n’apprécie pas le style de vie mené et l’image du succès véhiculé par le boxeur, dont même le surnom signifie “argent”. Avant de voir un beau combat, les fans payent surtout en espérant voir Mayweather perdre, de préférence par un KO historique. Malheureusement pour eux, Money est un boxeur frisant la perfection malgré ses 36 ans. Vitesse, précision, réflexe, intelligence du ring… tout est parfait à part un punch émoussé par des mains fragiles. assez petit et fin pour combattre en super-welter, il a pour compenser une très bonne allonge (1m83).

De l’autre côté, le très jeune Saul Alvarez, surnommé Canelo en hommage à sa chevelure rousse surprenante pour un mexicain. Il est la star montante de la boxe anglaise en 2013, et déjà un des sportifs les plus en vogue de son pays. Malgré ses 23 ans, il a déjà 42 victoires a son palmarès dont 7 championnats du monde. Il n’a concédé qu’un nul, en début de carrière contre un inconnu. C’est un boxeur à l’ancienne, les jambes cloués au sol, mais qui est unique au monde quand il s’agit de lancer des enchaînements à mi-distance en variant les angles d’attaques. Il manque tout de même d’expérience et d’adversaire de renom à son palmarès, à part un solide et habile Austin Trout défait en avril dernier. Il part aussi avec un handicap, celui de descendre son poids de deux livres par rapport à d’habitude, ce qui pourrait avoir des conséquence sur son cardio. Cependant, sur le ring il dépassera clairement les 77 kilos, quand son rival devrait avoisiner les 70.

Le combat

Après des semaines de promotions, d’annonce de victoire dans la presse et de rumeurs (le mexicain aurait mit hors course plusieurs partenaires durant ses sparring), le jour du combat était enfin arrivé. La soirée commençait bien notamment grâce au combat précédent le Main Event, Garcia vs Matthysse. La présence de Lil Wayne et surtout Justin Bieber au côté de Money durant son entrée sur le ring surprit beaucoup de monde. Alvarez lui, arborait un short et des gants aux couleur du Mexique et choisit une entrée sous une musique locale comme à son habitude. Ils étaient enfin tout les deux sur le même ring.

Le premier round fut surtout question de se jauger à coup de jab, comme souvent. A ce jeu la Mayweather était meilleur et domina cette reprise avec son bras avant, et un peu son jeu de jambe supérieure. Alvarez l’ignorait encore mais c’est ce jab qui donnera la victoire à Mayweather, si rapide, précis et nette.

Pourtant le mexicain n’était clairement pas ridicule, et un juge peut clairement lui donner le deuxième et quatrième round, ou il parvient à lancer de belles bombes sur le flanc gauche de Mayweather ainsi que de beau direct dans la face. Il fit aussi d’autre round correct comme le cinquième, le neuvième ou le dernier. Mais la plupart du temps il fut nettement derrière son rival, notamment à cause d’une difficulté certaine à le toucher en plein visage, alors que lui encaissait la plupart des coups dans la face. Toucher au corps est une bonne chose, mais c’est moins impressionnant pour les juges qu’un coup à la tête.

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Il n’arriva jamais à réellement cadrer et enchaîner Mayweather dans les cordes avec efficacité, et pire il fut souvent violemment contré lorsque l’américain avec le dos aux cordes. Le septième round est clairement celui ou il fut le plus dominé, quand Mayweather joua avec lui dans les cordes, sortant enfin ses crochets et uppercut. A cet instant Canelo semblait aux bords de l’asphyxie.

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Nous sentions clairement son impatience et sa frustration, notamment à travers les altercations verbales dans le quatrième et sixième round. La frustration du spectateur de ne pas voir plus d’engagement montait au côté de l’admiration éprouvée pour Mayweather, au sommet de son art. A part un jeu de jambe diminué et une puissance réduite, il restait au même niveau qu’il y a dix ans. Avec ce combat il prouvé également que la puissance et le poids ne fait pas tout.

Au final, ce combat est une de ses meilleurs performances avec l’annihilation de Diego Corrales en 2001. Malheureusement un pointage honteux vint un peu gâcher la performance à la fin des douze reprises. Déjà que deux juges avaient été sévère avec l’américain en lui accordant que 117-111 et 116-112, C.J Ross accorda 114-114. Même Canelo avouait sur le ring qu’il n’y avait pas nul. Selon moi, même si lui refuser un seul round est sévère, il est très difficile de lui en accorder plus de deux soit un score de 110-118.

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L’impact du combat dans le monde de la boxe

A défaut d’avoir eu droit à un combat d’anthologie, le fan de boxe a clairement assisté a une démonstration de Mayweather qui restera dans la belle histoire de la boxe. Avec ce combat, Mayweather gagne en plus de 40 millions de dollars, la preuve qu’à 36 ans il reste un des meilleurs boxeurs de la planète.C’est clairement devenu un combat de référence au sein de sa carrière.  Il déclarera sur le combat «Dix-sept ans, et je suis toujours aussi fort. Je pense que si j’avais attaqué plus tôt, j’aurais pu l’avoir avant la limite, mais je reste très satisfait de ma performance.»

Du côté de Canelo, même si il est gênant de voir une jeune étoile de la boxe être dominé à ce point par un vétéran, il a toujours l’excuse de son jeune âge ou du catchweight imposé par Mayweather pour justifier sa cuisante défaite. Même si nous pouvions voir la déception sur son visage, il sut rester fort et sportif dans la défaite. Voici son ressenti sur Mayweather :«C’est simple : Je n’ai pas pu le toucher. Il est insaisissable. C’est un grand combattant. Je n’ai pas su comment l’attraper. Il est très intelligent. Il a énormément d’expérience. Honnêtement, je n’ai pas pu le trouver. Dans les derniers rounds, je me suis sentis frustré. Je reconnais qu’il ma vaincu. J’ai essayé de l’enchaîner, mais je n’ai pas pu. Dans un même temps, il m’a aussi souvent manqué. Beaucoup de coup finissait sur mes gants.»

Avec 2,2 millions de PPV vendus, le combat devient la deuxième meilleure vente de l’histoire, derrière  De La Hoya vs Mayweather. Cependant il détient le record de la plus grosse recette si l’on ne compte pas l’inflation, avec 150 millions de dollars généré. Au Mexique, il est estimé que neuf foyers sur 10 regardèrent le combat. Pour beaucoup, ce colossal succès prouve que la boxe anglaise n’est pas morte au profit du MMA.

Enfin, la juge C.J. démissionnera sous la polémique, officiellement en tout cas. Voir un nul sur ce combat était en effet impossible, et elle n’en était pas à son coup d’essai car nous lui devons aussi un honteux 115-113 au profit de Bradley contre Pacquiao.

 

En boxe, les paris se payent chers

Sur les traces de Leonard

Nous le savions tous, malgré les qualités indiscutables de Kell Brook, ses chances contre le Roi Golovkin étaient très minces. Malgré trois défenses de son titre IBF expéditives, il faut tout de même se souvenir que son meilleur adversaire fut Shawn Porter, et que ce combat était vraiment serré. Et malgré l’immense respect que j’ai pour l’américain, il n’est qu’un welter d’à peine 1,70m et 70 kilos, très loin d’avoir la puissance et la résistance d’un poids moyen. Même si Kell Brook s’est probablement amélioré depuis sa prise de titre contre Porter, affronter Golovkin était un pari fou. Bien sûr il n’est pas le premier à faire ce pari. En 1974, Jose Napoles le champion des moyens défiait Carlos Monzon, le Golovkin de l’époque, dans un combat dans les Hauts-de-Seine. Les long bras de l’argentin démolirent Napoles en seulement six reprises.

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Bien sûr nous savons que c’est tout de même possible grâce à Sugar Ray Leonard et sa victoire aux point contre l’insubmersible Marvin Hagler, mais nous parlons d’un homme qui est pour beaucoup le meilleur boxeur encore en vie en 2016. Sans compter que le combat avait été très serré même si le pointages des juges ne rendait pas honneur à Hagler. En tout cas une chose était sûr, si Kell Brook était venu à bout du champion, il serait rentré dans l’Histoire de la boxe comme étant un des plus grands champion de la décennie. Il faut aussi ajouté qu’à la pesée Golovkin affichait un visage plus fermé et détaché qu’à l’accoutumé, et que des rumeurs sur sa forme et sa santé étaient présentes. Un coup de pouce du destin pour Brook peut être

Problème de poids

Malheureusement pour lui, Golovkin et ses parpaings dans les gants étaient bels et bien là. Des le premier round on sent que les coups de GGG font terriblement mal, notamment ses crochets du gauche, et qu’il est plus agressif que l’anglais. Malgré ça Brook réussit tout de même l’exploit de faire un excellent deuxième round, en réussissant à contourner la garde du champion. Rare sont les fois ou j’ai vu le kazakh possiblement perdre une reprise. Mais malgré ça, c’était clairement lui qui dominait le combat avec sa fantastique façon de couper le ring et d’emmener son adversaire à la rupture. Rupture qui arriva au 5ème round, ou Golovkin commençait à dérouler ses combinaisons dans les cordes, touchant très souvent Brook qui ne répondait plus. Nous pouvons trouver l’abandon du coin un peu prématuré, mais il était clair que les chances de l’anglais était proche de zéro. Malgré ce sale combat pour lui je ne me fais pas de souci pour sa carrière, il saura rebondir en super-welter, après avoir soigneusement évité le combat que l’on attends tous contre Errol Spence j’en ai peur.

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Dans la même soirée, un autre duel entre deux grands champion invaincu avaient lieu. Roman Gonzalez faisait lui le pari de devenir champion dans une quatrième catégorie contre Carlos Cuadras, le champion WBC super-mouche. Après cet excellent combat, il me semble clair que Chocolatito doit redescendre immédiatement chez les mouches. Avant cette soirée, je l’avais rarement vu allez au bout des douze reprises, et surtout être malmené. Pour la première fois, son visage était rougies et tuméfiés et celui de son adversaire était quasi intact. Cependant, cet écart physique ne l’empêcha pas de réussir son pari, empochant une nouvelle ceinture et une fiche incroyable de 46-0. Cuadras peut tout de même bouder les juges et exiger un rematch, il ne méritait probablement pas le pointage de 116-112 et 117-111.

Deontay Wilder est un paper champ

Parcours protégé

Avant de revenir sur le statut actuel de Wilder, il est important de revenir sur ce qui l’a fait connaitre. Comme son surnom l’indique, Wilder est devenu connu en empochant la médaille de Bronze aux jeux de Pekin, en 2008. Edition marquant la fin des bonnes performances des américains aux J.O car il est le seul boxeur a avoir obtenu une médaille cette année, ce qui représentait une situation impensable à l’époque. Aujourd’hui d’ailleurs, Andre Ward reste le dernier champion olympique américain. Il est également important de noter que Wilder combattait en lourd et non dans la catégorie reine, qui est les super-lourd en amateur.

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Après avoir prit quelque mois de repos et quelque kilos de muscle, Bronze Bomber commence une carrière professionnel chez les lourds. En six ans, il se construit une fiche impressionnante de 32 victoires par KO, aucun adversaire ne dépassant le quatrième round. Et malgré ce palmarès impressionnant, Wilder n’était toujours pas perçu comme un poids lourd important. Cela venait du fait qu’il n’avait affronté que de sombres inconnu, à part Audley Harrison, qui est surement la preuve vivante qu’être champion olympique ne mène pas forcément à la gloire une fois passé du côté des pros. Notons tout de même que Wilder eu le courage de l’affronter à Sheffield et qu’il ne mit qu’une minute à l’envoyer à la retraite. Wilder était aussi moqué pour une vidéo le montrant en spar contre David Haye, et clairement dominé. Avec tout ses éléments, il était tout a fait légitime de douter du niveau réel de l’américain contre un vrai boxeur.

La consécration

Mais malheureusement pour Bermane Stiverne, la Bombe de Bronze est clairement un bon boxeur et il eu le malheur de servir de tremplin pour l’américain dans ce qui est malheureusement le plus grand poids lourd américain de la décennie. Pourtant Stiverne était un champion tout a fait correct. Malgré un corps gras et une petite taille pour sa catégorie, il est connu pour son courage et son punch qui lui permit de mettre KO 21 fois son opposant. Vu qu’à l’époque l’on doutait de la capacité de Wilder a encaissé, cela pouvait faire peur. A l’époque Don King avait vendu le combat en utilisant l’argument qu’il était certain qu’il se finirait sur un KO.

Ce ne fut pas le cas mais la victoire de Wilder était incontestable. Il domina les douze reprises grâce à son immense allonge, lui permettant d’envoyer des jabs dans la face du champion tout en sécurité. Et souvent son direct du droit sut passer en travers de la garde, faisant parfois sévèrement vaciller Stiverne comme sur l’extrait ci-dessous. Même si ce combat prouva que Bronze Bomber pouvait boxer à haut niveau et tenir douze round, il fallait tout de même noter que des qu’il avait un vrai boxeur en face, abrégé le combat était une autre paire de manche.

Règne décevant

Malheureusement cela se vérifia pour ses quatre défenses de titre, ou il nous promettait à chaque fois de très vite abréger les débats et il n’en était rien. Même si on lui pardonne d’avoir eu du mal contre notre solide Johann Duhaupas et que l’on admire son KO terrifiant contre le polonais Artur Szpilka, ses prestations contre Eric Molina et Chris Arreola étaient fortement décevante. Ajoutons à cela que son combat que l’on attendait tous contre Alexander Povetkin, son challenger obligatoire, fut annulé pour des raisons de dopage finalement fausse. Bien sûr, Wilder ne chercha pas à faire le combat une fois l’affaire éclairci, préférant affronter encore un challenger largement à sa portée.

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Mais les événements récents sont très mauvais pour son titre. Contre Arreola il c’est de nouveau fracturé le poing droit en plus d’une déchirure au même biceps. Même si la blessure n’est pas au niveau de celle d’Hassan N’Dam, cela pourrait l’handicapé à l’avenir. Surtout que son prochain combat risque d’être contre Povetkin qui va probablement devenir champion du monde WBC intérimaire contre Bermane Stiverne en cette fin d’année. J’attends avec impatience ce combat car nous saurons enfin si Wilder est un vrai champion ou un produit protégé des américains.

 

Le weight cutting intensif, un des problèmes de la boxe en 2016

Petit cours sur le weight cutting

Avant de vous dévoiler pourquoi j’estime que le weight cutting est une mauvaise chose pour le Noble Art, je vais vous expliquer brièvement ce que c’est même si j’imagine que mes lecteurs le savent.

Le weight cutting (ou coupe de poids en français) est le fait de faire un régime pour être au poids le jour de la pesée, et par la suite de reprendre les kilos perdu dans les 24h séparant la pesée de la montée sur le ring. Bien sûr cette pratique n’existe pas en amateur, car les boxeurs sont pesées le jour même du combat. Le weight cutting n’est pas une mauvaise chose lorsque le boxeur ne perd que deux ou trois kilos pour passer la pesée mais malheureusement il y a des cas extrême et de plus en plus courant de boxeur parvenant à faire des coupes de poids de presque dix kilos ! Aujourd’hui il y a plusieurs technique pour perdre rapidement tels la sudation, la restriction de liquide, le vidage des intestins voire même l’usage de diurétiques. En 2016 certains boxeurs combinent même plusieurs de ses techniques pour être le plus déshydraté et léger sur la balance possible.

Voici un exemple : En 2013, Saul Alvarez et Austin Trout étaient tout deux à 69,5 kilos lors de leurs pesées. C’est un poids légèrement en dessous de la limite des super-welters. A l’intérieur du ring de lendemain, leurs poids frôlaient les 78 kilos, ce qui est proche de la limite des mi-lourds, soit trois catégories au dessus !

Mais il faut savoir que l’ensemble des sports de combats sont concernés et que l’UFC (l’organisation de MMA la plus connue au monde) est également pleine de combattant pratiquant le weight cutting. Conor McGregor, la plus grande star de l’organisation en ce moment est également un adepte en reprenant facilement six kilos entre la balance et l’octogone lorsque il combat en poids plume. Mais il faut noter que l’UFC est vigilante à propos du weight cutting et à notamment interdit à ses combattants d’avoir recours à la réhydratation par intraveineuse.

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Les problèmes apportés par cette pratique

Tout d’abord, le weight cutting est évidemment mauvais pour la santé des combattants. Perdre une énorme quantité d’eau en peu de temps pour ensuite tout reprendre en quelques heures est un effort terrible pour le corps, surtout avec un combat de douze rounds arrivant juste après. Nous pouvons d’ailleurs constater chez la plupart des boxeurs abusant de ce procédé des problèmes de cardio. En 2013, un combattant MMA brésilien, Leandro Souza, en est même décédé. Tout corps a ses limites et vouloir descendre vraiment trop bas ou alors pratiquer des coupes de poids sur plusieurs laissent inévitablement des traces.

Cela apporte également des problèmes d’équité évident. Nous nous souvenons tous de l’énorme différence de gabarit entre Canelo et Cotto en novembre dernier. Quand Cotto devait être a 72 kilos tout au plus, le rouquin dépassait clairement les 78. A l’origine la pesée et les catégories ont été instaurés pour mettre les boxeurs sur un pied d’égalité, mais dans le cas de Cotto vs Canelo, autant dire que le mexicain partait avec un avantage physique non négligeable. A l’époque le weight cutting intensif n’existait pas donc la question de vérifier le poids des boxeurs le jour même du combat ne se posait pas. Mais ce temps est clairement révolu.

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Cela remet également en question le niveau de certains boxeurs. Adrien Broner était presque considéré comme invincible lorsque son jeune age lui permettait de perdre assez de poids pour combattre en super plumes ou en léger, remportant tout ses championnats du monde avant la limite. Mais une fois obligé de se battre contre les boxeurs de sa catégorie naturelle, il eut tout de suite beaucoup plus de mal. Sur trois combats chez les welters, il perdit deux fois et eu une victoire difficile contre Paul Malignaggi. Dans cette idée, Canelo aurait probablement un palmarès moins brillant contre des boxeurs de son poids en super moyens. Dans la même veine, Kell Brook va surement être surpris la semaine prochaine devant un boxeur de son poids.

Malgré tout, il faut tout de même mentionner que le poids ne fait pas tout en boxe, et les deux meilleurs boxeurs de notre siècle l’ont largement prouvé. Mayweather et Pacquiao ont en effet souvent été confronté à plus imposant, et pourtant ils ont presque tout le temps dominé très clairement les débats. Egalement, je ne condamne pas les boxeurs usant du weight cutting. C’est le règlement qui n’est pas fonctionnel, eux l’utilisent juste de manière intelligente.

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La solution envisageable

Le weight cutting est un problème dérangeant car il est très facile à enrayer. Nous pourrions les fixer à la catégorie supérieure, ou autoriser une prise de 5%. Avec ses règles, un poids moyen pourrait par exemple reprendre 3,6 kilos, ce qui est déjà non négligeable, tout en étant supportable pour le corps et qui ne déséquilibre pas trop le combat.

Les combattants pratiquant de grande coupes de poids actuellement seraient juste forcés a monter d’une voire deux catégorie de poids, et seraient confrontés a de boxeurs aussi imposant qu’eux.

Tony Yoka doit-il rester en France ?

 

Avec les titres de champion du monde amateur et de champion olympique au Jeux de Rio, Tony est objectivement devenu cet été le meilleur boxeur amateur français des années 2000, et peut être même le meilleur boxeur amateur super lourd de la décennie au monde. Que l’on apprécie ou pas le français, ou que l’on conteste les décisions des juges à Rio, c’est un fait : Tony Yoka a marqué l’histoire de la boxe amateur.

Maintenant, l’Artiste va logiquement passer pro, à l’instar de tout ses prédécesseurs trônant sur le podium des J.O. Même si son premier combat ne devrait pas avoir lieu avant un an, le temps pour le jeune homme de prendre quelques kilos de muscle supplémentaires, bien qu’il soit déjà très musclé (105 kilos sec, quand même) et de s’habituer au format pro. Bien sûr les Yokasceptique, auquel j’avoue appartenir, pensent encore que malgré la médaille dorée, le jeune français ne possède peut être pas le punch et surtout le menton pour arriver au sommet des pros. Nous pouvons en effet penser que si le combat avait duré ne serait-ce que deux rounds de plus contre le croate Filip Hrgovic, Yoka n’aurait peut être pas fini sur ses deux jambes. Mais ce serait oublier que beaucoup d’entre nous doutait également d’Anthony Joshua, et pourtant ce dernier est clairement devenu un phénomène après son passage chez les professionnels. Espérons que Yoka ferme les bouches de la même manière.

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Mais avant de savoir si le jeune homme peut finir champion du monde chez les pros, le choix de son promoteur va être primordial sur la suite de sa carrière. Avec ses prestigieux titre, Tony Yoka peut prétendre a un parcours très rapide en pro et des bourses importantes dès ses premiers combat. Il aurait même tort de s’en priver, vu que son succès sur le long terme est incertain. Et c’est justement sur ce point la qu’il vaut peut être mieux éviter de signer avec Acaries. Voir Yoka combattre à domicile serait excellent pour la santé de la boxe en France, mais en contre-partie Yoka devra accepter des bourses inférieures à celles qu’il mérite, et d’affronter des boxeurs de très faible niveau. Bien sûr, il y a Johann Duhaupas et Carlos Takam, mais je déconseille fortement Tony Yoka de se confronter à eux, pas avant plusieurs années en tout cas.

Aller a l’étranger pourrait être bénéfique à Yoka et je pense particulièrement au promoteur anglais Eddie Hearn, de Matchroom Sport. Ce dernier a prouvé avec Anthony Joshua, Kell Brook et Tony Bellew qu’il était très doué pour dénicher des combats intéressant pour ses poulains et je pense qu’il serait ravi d’accueillir le français dans son écurie, notamment pour organiser un combat entre champion olympique dans quelques années ou même une revanche contre Joe Joyce. Le seul point douteux d’aller du côté des anglais est peut-être d’être confronter à une certaine rancœur du public, pour qui Joyce méritait la breloque doré. Nous savons également que Wladimir Klitschko et donc K2 Promotions s’intéresse fortement à l’Artiste. Au cas ou vous l’ignoriez, Tom Loeffler, est également le promoteur de Gennady Golovkin, en plus du géant ukrainien. De quoi faire rêver n’importe quel boxeur.

Tony Yoka a intérêt de prendre le temps pour réfléchir à chaque opportunité se présentant à lui, le choix de son promoteur aura une incidence très importante sur la suite de sa carrière.